Affaire du CHUD Ouémé: la justice tranche; les DES contre-attaquent
- Towanou Johannes
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Le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo a rendu son verdict dans l’affaire du décès d’une jeune parturiente survenu au CHUD Ouémé à la suite d’une césarienne.
Ce mercredi 11 mars 2026, les juges ont condamné les trois prévenus poursuivis pour homicide involontaire à 24 mois de prison dont 12 mois fermes, assortis d’une amende de 200 000 francs CFA.
Le tribunal a également ordonné le paiement de 5 millions de francs CFA de réparations, ainsi que le franc symbolique au profit de l’INF, dans le cadre de cette procédure qui a profondément marqué l’opinion publique.
Un drame survenu après une césarienne
L’affaire remonte au 17 décembre 2025, date à laquelle la patiente, identifiée comme Rebecca Dossou, avait été admise au CHUD Ouémé pour un accouchement par césarienne.
Après l’intervention, la jeune femme est décédée, laissant derrière elle un nouveau-né et une famille bouleversée.
La disparition de la parturiente avait rapidement suscité une vive émotion, notamment sur les réseaux sociaux, où plusieurs voix réclamaient des explications sur les circonstances du drame.
Son époux, Marius Godonou, avait alors entrepris des démarches pour faire la lumière sur les faits, avec le soutien de proches et de membres de la société civile.
Une affaire suivie de près
Au fil des semaines, l’affaire a pris une dimension nationale.
Les autorités béninoises avaient annoncé l’ouverture d’investigations afin de déterminer les responsabilités éventuelles.
Le dossier a finalement été porté devant le tribunal de première instance de Porto-Novo, qui a examiné les éléments présentés par les différentes parties avant de rendre sa décision ce 11 mars 2026.
Réaction des médecins en spécialisation
Au lendemain du verdict, le Collectif des DES de la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou, rattaché à la Faculté des Sciences de la Santé de Cotonou de l’Université d’Abomey-Calavi, a adressé une lettre ouverte aux autorités sanitaires et universitaires.
Dans ce document rendu public, les médecins en formation inscrits aux Diplômes d’Études Spécialisées (DES) évoquent un climat de « vive inquiétude, de stress et d’incertitude » au sein de leur communauté.
Ceci, à la suite de la procédure judiciaire ayant conduit à la privation de liberté de certains de leurs collègues.
Tout en réaffirmant leur attachement au respect des autorités académiques, administratives et judiciaires, ils estiment que le contexte actuel rend difficile l’exercice serein de leurs activités hospitalières.
À ce titre, ils annoncent la suspension des stages à partir du jeudi 12 mars 2026 pour une durée indéterminée, dans le cadre d’un mouvement qu’ils qualifient de pacifique et symbolique.
Par cette démarche, les médecins en spécialisation demandent notamment aux autorités de clarifier le cadre légal de leur exercice, de définir les conventions de stage avec les hôpitaux.
Ils exigent aussi d’établir des cahiers de charges précis selon les spécialités et les années d’étude, et de prendre des mesures concernant la situation judiciaire de leurs collègues.
Entre douleur familiale et quête de justice
Pour la famille de la défunte, cette décision judiciaire marque une étape importante dans un long processus entamé après le décès survenu quelques jours avant les obsèques de la jeune mère, le 24 décembre 2025.
L’affaire a également suscité un débat plus large sur la responsabilité médicale et sur la qualité de la prise en charge dans les structures hospitalières.
Si le jugement rendu constitue une réponse judiciaire à ce drame, il ravive aussi les interrogations sur les mécanismes de prévention des erreurs médicales et sur la confiance entre patients et personnel de santé dans les établissements hospitaliers.




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