Après l'opération au Venezuela, Trump face à la révolte du congrès
- Towanou Johannes
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Le vent tourne à Washington. Après l’opération spectaculaire contre le Venezuela et les menaces à peine voilées visant d’autres pays de la région, le Congrès des États-Unis a décidé de reprendre la main.
Le Sénat américain a adopté une résolution majeure destinée à limiter les pouvoirs militaires de Donald Trump et à l’empêcher de lancer de nouvelles opérations armées sans l’accord explicite du Congrès.
Ce vote marque un tournant politique et institutionnel : pour la première fois depuis le début de cette séquence explosive en Amérique latine, le pouvoir législatif américain oppose un frein clair et public à la stratégie offensive du président.
Un vote qui traduit une inquiétude profonde
La résolution a été adoptée à une courte majorité, grâce à l’union de tous les sénateurs démocrates et de plusieurs républicains dissidents.
Ce détail est loin d’être anodin : il révèle que le malaise dépasse largement les clivages partisans traditionnels.
Même au sein du camp présidentiel, certains élus estiment que Donald Trump est allé trop loin en engageant des actions militaires majeures sans véritable débat parlementaire, ni mandat clair du Congrès.
Reprendre le contrôle sur la guerre
L’objectif du texte est simple mais politiquement explosif. Rappeler que le pouvoir de déclarer la guerre appartient au Congrès, et non au seul président.
Concrètement, la résolution vise à empêcher Donald Trump de lancer de nouvelles opérations militaires, notamment en Amérique latine, sans autorisation formelle des représentants du peuple américain.
Après le précédent vénézuélien et les menaces publiques contre la Colombie, de nombreux élus craignent une dérive dangereuse : celle d’une présidence qui agirait seule, en dehors de tout contrôle démocratique, sur des questions pouvant embraser des régions entières.
Trump furieux, la fracture s’aggrave
Sans surprise, Donald Trump a très mal accueilli ce vote. Lors d’une réaction virulente, il a dénoncé l’initiative comme une atteinte à la sécurité nationale et à sa fonction de commandant en chef.
Il a attaqué violemment les sénateurs de son propre camp qui ont soutenu la résolution, les accusant de mettre en danger les États-Unis et d’effriter l’autorité présidentielle.
Trump a été explicite dans ses critiques et ses mises en garde, déclarant mot pour mot :
« Cette résolution est une attaque contre la sécurité nationale. Elle affaiblit les États-Unis au moment où nous devons être forts. Je ne reculerai pas devant mes responsabilités de commandant en chef. Ceux qui votent pour cette limitation mettent en péril notre défense et les intérêts américains. »
Par ces mots, Trump rejette l’idée que le Congrès puisse s’immiscer dans ce qu’il considère comme le rôle constitutionnel du président en matière de défense et d’opérations militaires.
Cette réaction illustre une fracture de plus en plus profonde entre la Maison-Blanche et une partie du Congrès, y compris dans les rangs républicains.
L’ombre d’une crise institutionnelle
Ce vote n’est pas seulement un désaccord politique. Il pose une question fondamentale : qui décide réellement de la guerre aux États-Unis ?
Si Donald Trump choisissait d’ignorer ou de contourner cette résolution, le pays pourrait entrer dans une crise institutionnelle majeure, opposant frontalement le pouvoir exécutif au pouvoir législatif.
Un scénario rare, mais lourd de conséquences pour la stabilité politique américaine.
Un signal fort envoyé au monde
Sur le plan international, ce vote est aussi un message.
Il indique que les États-Unis ne parlent pas d’une seule voix et que la stratégie de confrontation tous azimuts voulue par Donald Trump ne fait pas l’unanimité, même à Washington.
Pour les pays d’Amérique latine, inquiets après l’arrestation de Nicolás Maduro et les menaces contre la Colombie, ce geste du Congrès apparaît comme une tentative de réintroduire de la prudence et du contrôle démocratique dans une politique étrangère devenue extrêmement agressive.
Trump de plus en plus isolé ?
Même si la résolution doit encore franchir d’autres étapes institutionnelles, le symbole est puissant.
Le Congrès commence ouvertement à s’opposer à la doctrine de la force permanente défendue par Donald Trump.
Dans un climat déjà tendu, ce vote renforce l’idée que le président américain pourrait se retrouver de plus en plus isolé, y compris dans son propre camp, s’il poursuit une stratégie de confrontation sans limites.
Au final, ce qui se joue ici dépasse largement le cas du Venezuela ou de la Colombie. Il s’agit d’un bras de fer historique sur l’équilibre des pouvoirs aux États-Unis et sur la manière dont la première puissance mondiale décide d’entrer en guerre.
Une chose est certaine. Après avoir frappé fort à l’extérieur, Donald Trump se heurte désormais à une résistance sérieuse à l’intérieur.
Et cette bataille-là pourrait bien être tout aussi décisive que celles menées au-delà des frontières américaines.









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