Après le Venezuela de Nicolas Maduro, Donald Trump pense déjà à…
- Towanou Johannes
- Jan 5
- 3 min read

À peine Nicolás Maduro capturé et transféré aux États-Unis, Donald Trump ne marque aucune pause.
L’opération contre le Venezuela semble à peine achevée que le président américain fixe déjà de nouveaux objectifs, élargissant dangereusement le champ des tensions en Amérique latine.
Dans son viseur désormais : la Colombie et son président Gustavo Petro.
De Caracas à Bogotá : une dynamique de confrontation assumée
L’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro a ouvert une séquence inédite. Pour Donald Trump, il ne s’agit pas seulement d’une action ponctuelle, mais du premier acte d’une démonstration de force plus large.
Le message est clair : les États-Unis n’entendent plus se limiter aux sanctions ou aux pressions diplomatiques lorsqu’ils estiment leur sécurité ou leurs intérêts menacés.
C’est dans ce contexte explosif que la Colombie, pourtant alliée historique de Washington, se retrouve soudainement exposée à des menaces à peine voilées.
La déclaration de Donald Trump, mot pour mot
Interrogé par la presse, Donald Trump a tenu des propos d’une rare brutalité à l’encontre de la Colombie et de son président.
« La Colombie est un pays très malade. Gustavo Petro laisse la cocaïne inonder les États-Unis. Je ne pense pas qu’il fera ça très longtemps. S’il faut faire avec la Colombie ce que nous avons fait avec le Venezuela, ça me paraît bien. »
Ces mots marquent une rupture profonde. En évoquant explicitement une action similaire à celle menée contre le Venezuela, Trump fait entrer la Colombie dans une zone de risque stratégique inédit.
Gustavo Petro répond : une parole grave, un avertissement clair
Face à cette offensive verbale, le président colombien Gustavo Petro a répondu avec une déclaration lourde de sens, mêlant histoire personnelle et défense de la souveraineté nationale.
« J'ai juré de ne plus jamais toucher une arme après l'accord de paix de 1989, mais pour le bien de mon pays, je reprendrai les armes, des armes que je ne veux pas. »
Cette phrase, loin d’être anodine, souligne la gravité de la situation.

Petro rappelle son engagement historique en faveur de la paix, tout en affirmant que la Colombie ne se laissera pas intimider si sa souveraineté est menacée.
Rejet des accusations et défense de la légitimité
Le président colombien a également tenu à répondre directement aux accusations implicites contenues dans les propos américains.
« Je ne suis ni illégitime, ni trafiquant de drogue. »
Par ces mots, Gustavo Petro refuse toute assimilation avec des dirigeants criminalisés ou présentés comme hors-la-loi.
Il réaffirme sa légitimité démocratique et dénonce une logique d’amalgame dangereuse, où la lutte antidrogue devient un prétexte à la mise en cause politique de gouvernements souverains.
La transparence comme ligne de défense politique
Dans un registre très personnel, Petro a poussé plus loin sa réponse en exposant sa situation financière.
« Mon seul bien est la maison familiale, que je rembourse toujours avec mon salaire. Mes relevés bancaires sont publics. Personne n'a pu prouver que j'ai dépensé plus que mon salaire. Je ne suis pas cupide. »
Cette déclaration vise à contrer toute tentative de délégitimation morale.
Elle met en lumière une fracture fondamentale entre deux visions du pouvoir : l’une fondée sur la force et la coercition, l’autre sur la transparence et la légitimité électorale.
Des enjeux régionaux majeurs
L’escalade verbale entre Washington et Bogotá dépasse largement le cadre bilatéral.
Après le précédent vénézuélien, de nombreux pays d’Amérique latine s’inquiètent de voir s’installer une nouvelle doctrine américaine, où l’intervention directe et la menace deviennent des outils assumés de politique étrangère.
Si la Colombie devait être à son tour ciblée, c’est l’équilibre de toute la région qui serait remis en cause.
Alliances, coopérations sécuritaires et stabilité interne pourraient voler en éclats, au profit d’une logique de confrontation généralisée.
Un précédent lourd de risques
En évoquant ouvertement la possibilité de “faire avec la Colombie ce qui a été fait avec le Venezuela”, Donald Trump pose un précédent dangereux.
Si une puissance peut décider unilatéralement de l’illégitimité d’un chef d’État et agir en conséquence, alors aucun pays n’est véritablement à l’abri.
Cette dynamique fait peser un risque majeur sur l’ordre international, en banalisant l’usage de la force et en affaiblissant les mécanismes diplomatiques et juridiques censés prévenir les conflits.
Un avertissement qui résonne bien au-delà de la Colombie
La réponse de Gustavo Petro n’est pas seulement celle d’un président visé par des menaces.
Elle s’adresse à l’ensemble du continent et, plus largement, à la communauté internationale. Elle rappelle que la paix est fragile, et qu’elle peut rapidement céder lorsque la force remplace le dialogue.
À peine Nicolás Maduro capturé, Donald Trump regarde déjà ailleurs.
La question qui se pose désormais est simple et inquiétante : où s’arrêtera cette logique de puissance, et combien de pays devront vivre sous la menace d’être les prochains sur la liste ?









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