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Assimi Goïta, Abdourahamane Tiani et Ibrahim Traoré foncent vers...

Ibrahim Traoré / Assimi Goïta / Abdourahamane Tiani © CNSP
Ibrahim Traoré / Assimi Goïta / Abdourahamane Tiani © CNSP


L’Alliance des États du Sahel (AES) franchit un pas décisif dans sa quête d’autonomie sécuritaire et diplomatique.


Le 14 août 2025, les ministres de la Défense du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont tenu à Moscou leurs premières consultations conjointes avec le ministre russe de la Défense, Andreï Biélooussov.


À l’issue de cette rencontre, les deux parties ont signé une déclaration commune et plusieurs protocoles d’accord, scellant ainsi leur volonté d’élargir la coopération dans le domaine militaire et sécuritaire.


Cet accord prend la forme d’un pacte de sécurité inédit, par lequel Moscou s’engage à fournir un soutien renforcé contre le terrorisme et contre les groupes armés accusés d’être appuyés par des puissances étrangères, et qui participent à la déstabilisation du Sahel.


Pour les États membres de l’AES, il s’agit d’un tournant stratégique après des années d’interventions occidentales jugées infructueuses, de coups d’État successifs et d’instabilité croissante.


Stabilité et souveraineté au cœur du partenariat


Dans son allocution, Andreï Biélooussov a rappelé que le mois de juillet marquait le premier anniversaire de la création de l’AES, fruit du « libre choix des peuples sahéliens » décidés à tracer leur propre voie.

Les ministres de la défense des pays de l'AES à Moscou le 14 août 2025
Les ministres de la défense des pays de l'AES à Moscou le 14 août 2025

Tout en saluant cette dynamique, il a souligné que les pays du Sahel demeuraient confrontés à des menaces terroristes persistantes, liées aux groupes armés illégaux qui sévissent dans la région.


La Russie, a-t-il assuré, est prête à fournir un plein appui pour renforcer la stabilité, la protection des territoires et la souveraineté nationale de ses partenaires africains : « Nous soutenons votre combat pour défendre votre souveraineté et vos territoires », a-t-il déclaré.


Une coopération militaire prioritaire


Au nom de l’AES, le ministre malien de la Défense et des Anciens combattants, Sadio Camara, a pris la parole pour réaffirmer la place centrale de la coopération en matière de défense dans la relation avec Moscou.


Selon lui, c’est dans ce domaine que le partenariat trouve sa raison d’être la plus stratégique, car il répond directement aux préoccupations vitales des populations : sécurité, paix et protection des frontières.


« La défense reste notre domaine de coopération le plus solide », a insisté le ministre malien, en référence à l’importance accordée à ce pilier de l’alliance.


Les documents signés prévoient un cadre de consultations quadripartites régulières, destiné à institutionnaliser ce dialogue stratégique et à donner une assise plus solide aux engagements militaires entre l’AES et la Russie.


Cette rencontre constitue ainsi la première consultation conjointe officielle entre Moscou et l’AES, perçue par beaucoup comme le signe clair qu’un nouvel ordre sahélien est en train d’émerger.


Contexte sécuritaire : une réalité toujours dramatique


Si le rapprochement avec Moscou traduit une volonté de rompre avec les partenariats jugés inefficaces du passé, la réalité du terrain reste sombre.


Entre juillet et août 2025, les pays du Sahel ont subi une recrudescence des attaques terroristes.


Au Mali, des attaques coordonnées du JNIM début juillet ont visé simultanément sept localités, causant des dizaines de morts malgré une riposte de l’armée qui revendique environ 80 jihadistes neutralisés.


Au Burkina Faso, une embuscade à Boulsa a coûté la vie à une cinquantaine de soldats.


Au total, selon des responsables onusiens, près de 2 900 morts ont été recensés dans la région en quelques mois, preuve que la menace reste massive.


Malgré le déploiement de l’Africa Corps, successeur du groupe Wagner, aucun renversement de tendance n’est encore visible.


Un virage diplomatique assumé


Ce rapprochement marque un nouveau virage dans la politique étrangère des trois États sahéliens.


Longtemps liés aux anciennes puissances coloniales et aux partenariats occidentaux, le Mali, le Niger et le Burkina Faso affichent désormais un choix assumé : diversifier leurs alliances et inscrire leur coopération militaire dans une logique de partenariat stratégique avec Moscou.


Cette orientation, jugée par certains comme un pas vers une nouvelle dépendance, est présentée par les autorités de l’AES comme une affirmation de souveraineté et une rupture avec des modèles jugés inefficaces.


Opportunité ou dépendance déguisée ?


L’appui russe en matière de formation, d’armement et de renseignement offre une alternative stratégique réelle pour les États sahéliens, à l’heure où les anciennes coopérations internationales peinent à enrayer l’avancée des groupes armés.


Mais les tensions internes, à l’image des récentes arrestations de généraux et d’un ressortissant français au Mali, soupçonnés de complot, montrent que la consolidation sécuritaire ne se joue pas uniquement sur le front militaire.


Le défi pour l’AES sera de garantir un partenariat qui renforce la résilience des institutions locales et évite un glissement vers une dépendance sécuritaire et politique.


Sans cette vigilance, l’alliance pourrait vite devenir une tutelle de substitution, où la souveraineté proclamée servirait de façade à une influence extérieure dominante.


Un basculement géopolitique sous tension


L’accord AES-Russie ne constitue pas seulement un choix militaire : il redessine l’équilibre géopolitique régional.


En s’éloignant de l’Occident, les régimes sahéliens entendent repositionner leur diplomatie dans un monde multipolaire.


Moscou gagne ainsi un ancrage stratégique au Sahel, confirmant son ambition africaine.


Mais cette bascule s’opère dans un contexte particulièrement fragile : violences meurtrières persistantes, pressions internationales, crises humanitaires et mise au ban de certains acteurs onusiens jugés trop critiques, comme récemment au Burkina Faso.


En s’imposant comme partenaire exclusif, la Russie devient incontournable, mais au prix d’un pari risqué.


Celui de renforcer l’indépendance proclamée de l’AES tout en accentuant sa vulnérabilité face aux rivalités de grandes puissances.


La promesse d’une souveraineté retrouvée ne pourra se réaliser que si ce partenariat se traduit par des résultats tangibles pour les populations, et non par une nouvelle polarisation géopolitique.


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