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Au nom de l'ordre, Assimi Goïta prend une décision sans retour

Assimi Goïta / Président du Mali
Assimi Goïta / Président du Mali

Au Mali, la Transition dirigée par le général d’armée Assimi Goïta ne se limite plus à gouverner par des actes réglementaires.


Elle impose progressivement une mécanique où l’autorité s’exerce par l’effacement des individus : radiations administratives, détentions prolongées sans jugement, disparitions temporaires et silence institutionnel assumé.


Le 30 décembre 2025, deux décrets présidentiels ont officialisé la radiation du colonel-major Kassoum Goïta, ancien chef des renseignements maliens, et du colonel Fodé Malick Sissoko, officier supérieur de la Garde nationale.


Les textes évoquent de simples « motifs disciplinaires », sans la moindre explication publique. Une décision brutale qui, loin d’être isolée, s’inscrit dans une logique devenue structurelle sous la Transition.


Arrêté en 2021, détenu sans jugement depuis plus de quatre ans


Le colonel-major Kassoum Goïta n’est pas un officier sanctionné pour une faute récente.

Colonel Kassoum Goïta / Ancien Chef des Services de Renseignement
Colonel Kassoum Goïta / Ancien Chef des Services de Renseignement

Ancien patron des renseignements avant les coups d’État d’août 2020, il est arrêté dès septembre 2021, au tout début de la Transition, pour des accusations de projets de déstabilisation du régime.


Depuis lors, lui et plusieurs co-accusés, civils et militaires, sont maintenus en détention sans procès, sans calendrier judiciaire clair et sans perspective de libération provisoire.


Plus de quatre années de privation de liberté, sans verdict, dans un pays censé évoluer vers un retour à l’ordre constitutionnel.


2024 : enlèvement, détention au secret et inquiétude extrême


L’affaire bascule dans une zone encore plus sombre au cours de l’année 2024.


Le 31 mai 2024, Kassoum Goïta est extrait de sa cellule au Camp 1 de la gendarmerie à Bamako par des agents de la Sécurité d’État, dans des conditions non officielles.


Ni sa famille ni ses avocats ne sont informés de sa destination. Il disparaît alors totalement du circuit judiciaire.


Pendant plusieurs mois, il est détenu au secret par les services de renseignement. Cette disparition prolongée provoque une vive indignation de ses avocats, qui alertent publiquement sur de graves risques pour sa santé et dénoncent des conditions de détention qualifiées de « drastiques » et « inhumaines ».


Ce n’est que dans la nuit du 9 au 10 septembre 2024 qu’il est ramené dans sa cellule à la gendarmerie, sans qu’aucune explication officielle ne soit fournie sur les raisons de son enlèvement ni sur ce qu’il a subi durant cette période.


Torture, maladies et mutisme des autorités


Selon la défense, Kassoum Goïta et d’autres détenus ont subi des traitements dégradants, voire des actes de torture.


Certains seraient aujourd’hui gravement malades. Face à ces accusations lourdes, les autorités de transition n’ont opposé ni enquête indépendante, ni communication claire, ni démenti crédible.


À ce stade, les avocats ne se contentent plus d’invoquer le droit. Ils en appellent à l’« humanité » des autorités, une démarche révélatrice de l’effondrement des garanties judiciaires dans ce dossier.


Le cas Fodé Malick Sissoko, d’homme-clé de l’État à officier déchu


La radiation du colonel Fodé Malick Sissoko s’inscrit dans la même logique d’effacement brutal.

Colonel Fodé Malick Sissoko / Ancien Gouverneur de Kidal
Colonel Fodé Malick Sissoko / Ancien Gouverneur de Kidal

Officier supérieur de la Garde nationale, il a occupé des fonctions stratégiques au sommet de l’appareil d’État.


Il fut notamment gouverneur de Kidal, région hautement sensible du nord du Mali, avant que l’armée malienne n’en reprenne le contrôle total en novembre 2023.


Il a également servi comme aide de camp à la présidence, signe d’une proximité directe avec le pouvoir.


Sa chute intervient à partir de novembre 2023, lorsqu’il est arrêté puis placé sous mandat de dépôt. Les autorités l’accusent de haute trahison et d’atteinte à la sûreté de l’État.


Le cœur des accusations repose sur une conversation téléphonique interceptée entre lui et un chef rebelle, identifié par certaines sources comme Alghabass Ag Intalla.


Dans cet échange, il est soupçonné d’avoir collaboré, voire fait allégeance à des groupes séparatistes, alors qu’il représentait officiellement l’État à Kidal.


Sa radiation en décembre 2025 s’inscrit dans une série de mesures disciplinaires visant des officiers soupçonnés de déstabilisation ou de manquements graves à la loyauté envers la Transition.


En quelques mois, Fodé Malick Sissoko est passé du statut de haut responsable territorial à celui de prisonnier et de militaire radié, symbole d’une chute aussi rapide que radicale.


Une méthode désormais bien rodée


Le cas Kassoum Goïta, tout comme celui de Fodé Malick Sissoko, illustre une logique désormais récurrente sous la Transition.


Arrestations pour des accusations graves sans jugement rapide, détentions prolongées sans verdict, disparitions temporaires hors cadre judiciaire, sanctions administratives avant toute décision de justice, et opacité quasi totale.


La discipline militaire devient un outil politique. La justice, elle, semble reléguée au second plan.


Servir l’État ne protège plus de l’arbitraire


Ancien chef des renseignements, Kassoum Goïta incarnait l’un des piliers de l’appareil sécuritaire malien.


Fodé Malick Sissoko, lui, fut l’un des hommes forts de l’administration territoriale dans le Nord.


Aujourd’hui, tous deux sont radiés, emprisonnés ou privés de toute visibilité judiciaire.


Le message adressé à l’ensemble de l’appareil d’État est limpide : la loyauté passée ne garantit aucune protection face au pouvoir actuel.


Une transition de plus en plus éloignée de l’État de droit


Les affaires Kassoum Goïta et Fodé Malick Sissoko cristallisent les dérives profondes de la Transition malienne.


Le décret remplace le verdict, la prison précède le procès, et le silence devient la réponse systématique aux accusations graves.


Un pouvoir peut imposer l’ordre par la force.

Mais sans justice visible, sans transparence et sans respect minimal des droits humains, aucune Transition ne peut prétendre bâtir la stabilité durable qu’elle promet.


Le Mali ne manque pas de décrets. Il manque désormais de justice crédible.

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