Bénin / Affaire Frère Hounvi : le Togo "liquide" Steve Amoussou
- Towanou Johannes
- Nov 1, 2024
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L’enlèvement d’un citoyen béninois résident au Togo par des individus venus du Bénin a suscité une onde de choc au sein de la région. Ce fait, devenu l’Affaire Hounvi, a jeté une ombre sur les relations entre les deux pays voisins. Christian Trimua, Secrétaire Général du Gouvernement Togolais, a récemment clarifié la position de son pays dans cette affaire, tout en réaffirmant la solidité de la coopération entre le Bénin et le Togo.
Un enlèvement qui dépasse les frontières
L'affaire a débuté par l’enlèvement en territoire togolais d’un ressortissant béninois, présumé Frère Hounvi, que des agents non identifiés auraient transféré de force au Bénin.
L’opération, opérée sans coordination avec les autorités togolaises, a semé le trouble, non seulement au Togo, mais aussi dans les relations bilatérales entre les deux nations.

Interrogé à ce sujet, Christian Trimua a fait savoir que l’État togolais ne pouvait accepter une telle méthode :
"Nous avons d'excellentes relations avec notre voisin béninois, et nous croyons sincèrement que le gouvernement béninois n’est pas à l’origine de cette opération."
La position du Togo sur les procédures de remise
Trimua a rappelé que les États de la région, dont le Togo et le Bénin, ont établi des mécanismes de coopération légaux et policiers pour gérer de tels cas.
Dans le cadre de ces mécanismes, les autorités togolaises auraient dû être informées et impliquées dans le transfert du présumé Frère Hounvi, s'il avait été requis par la justice béninoise.
"Nous disposons de mécanismes de remise entre polices. Le Bénin, s’il avait voulu arrêter ce citoyen, aurait pu le faire en coopération avec nous."
Mandat d’arrêt et droits de suite judiciaire
Christian Trimua a également confirmé qu'un mandat d'arrêt avait été émis par le Togo contre plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé à cette opération.
Cependant, il a souligné le principe de non-cumul des procédures judiciaires : une fois que le Bénin a initié et clôturé une procédure judiciaire, il devient impossible pour le Togo d’engager une nouvelle poursuite sur les mêmes faits.
Ce principe de droit international, souvent résumé par l’adage "on ne juge pas une chose deux fois," a pour conséquence que les mandats d’arrêt émis par le Togo à l’encontre des suspects béninois perdent leur effet une fois que le Bénin les a jugés et condamnés.
"Une fois que l’État du Bénin a réglé la question et condamné certaines personnes, nous ne pouvons plus les arrêter, les juger et les condamner pour les mêmes faits."
Le statut du présumé Frère Hounvi en suspens
Alors que le Togo a demandé des explications au Bénin sur l’enlèvement et que des procédures ont été engagées contre les individus impliqués dans cette affaire, une question demeure : le sort du présumé Frère Hounvi.
Ce dernier est actuellement détenu au Bénin.
"C’est une affaire de politique interne béninoise, et il n’est pas de notre ressort de nous immiscer dans cette procédure."









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