Bénin: investi président, les premiers mots forts de Romuald Wadagni
- Towanou Johannes
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Une nouvelle page de l’histoire politique du Bénin s’est ouverte ce dimanche 24 mai 2026.
Romuald Wadagni a officiellement prêté serment au Palais des Congrès de Cotonou, devenant ainsi le nouveau président de la République après sa large victoire à l’élection présidentielle d’avril, remportée avec 94,27 % des suffrages.
Dans une atmosphère solennelle, plusieurs figures majeures de la vie politique nationale ont effectué le déplacement pour assister à cette investiture historique.

Parmi elles, les anciens chefs d’État Thomas Boni Yayi et Nicéphore Soglo, mais aussi d’anciens présidents de l’Assemblée nationale comme Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Mathurin Nago et Antoine Idji Kolawolé.
Une cérémonie symbolique de continuité institutionnelle
Accompagné de son épouse, le nouveau président est apparu devant les invités dans un costume bleu nuit, saluant longuement les personnalités présentes avant le début officiel de la cérémonie.
À ses côtés, la vice-présidente Mariam Chabi Talata a également pris place pour cette séquence institutionnelle majeure qui marque l’ouverture d’un nouveau cycle politique.
Devant le président de la Cour constitutionnelle, Dorothé Sossa, Romuald Wadagni a prononcé le serment prévu par l’article 53 de la Constitution béninoise :
« Devant Dieu, les Mânes des Ancêtres, la Nation et devant le Peuple béninois, seul détenteur de la souveraineté… »
Le nouveau chef de l’État s’est engagé à respecter la Constitution, défendre l’intérêt général, préserver l’unité nationale et demeurer un « fidèle et loyal serviteur du peuple ».
Le temps du social après le temps des réformes
Mais au-delà du cérémonial républicain, c’est surtout le ton du premier discours présidentiel qui retient l’attention.
Dans son adresse à la Nation, Romuald Wadagni a rendu hommage au bilan de Patrice Talon, estimant que les dix années de gouvernance écoulées ont permis de redonner au pays « une certaine fierté » ainsi qu’une nouvelle discipline dans la gestion publique et institutionnelle. Mais pour le nouveau président, une nouvelle étape doit désormais s’ouvrir.
Selon lui, le moment est venu d’aller plus loin en mettant davantage l’accent sur les conditions de vie concrètes des populations.
Dans un message qui se veut social et rassembleur, il a affirmé sa volonté d’améliorer le quotidien de chaque Béninois, en inscrivant son mandat dans une logique de proximité avec les réalités vécues par les citoyens.
Un message à la sous-région et aux partenaires du Bénin
Dans son discours, le nouveau président a également adressé un message fort aux pays voisins et aux partenaires internationaux du Bénin.
À la sous-région ouest-africaine, Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest en tête, il a rappelé que les États sont « condamnés à travailler ensemble », notamment face à la menace terroriste qui continue de fragiliser plusieurs pays.
Un appel à la solidarité régionale qui intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible en Afrique de l’Ouest.
Aux partenaires internationaux, Romuald Wadagni a voulu rassurer sur la ligne diplomatique du pays :
« Le Bénin restera ouvert au monde sans jamais s’éloigner de lui-même. »
Une phrase qui traduit la volonté de maintenir l’ouverture économique et diplomatique du pays tout en préservant sa souveraineté et son identité.
« Le pouvoir n’est jamais personnel »
Le nouveau chef de l’État a aussi insisté sur la conception qu’il entend donner à sa gouvernance.
« Je servirai le Bénin avec intégrité, avec courage et avec conscience. »
Dans l’un des passages les plus marquants de son intervention, il a affirmé :
« Le pouvoir n’est jamais un pouvoir personnel. Le pouvoir est une responsabilité devant le peuple et devant l’histoire. »
Un engagement fort qui donne le ton d’un mandat placé sous le signe de la responsabilité et de la redevabilité publique.
Un nouveau cap attendu
Cette orientation est particulièrement scrutée dans un contexte où une partie de l’opinion estime que les réformes structurelles menées ces dernières années doivent désormais produire des effets plus visibles sur le pouvoir d’achat, l’emploi, les opportunités économiques et le bien-être social.
L’investiture de Romuald Wadagni marque ainsi plus qu’une alternance dans la continuité.
Elle ouvre une phase où le défi ne sera plus seulement de transformer l’image et les infrastructures du pays, mais aussi de faire ressentir concrètement cette transformation dans la vie quotidienne des populations.
Au Palais des Congrès de Cotonou, le Bénin a donc officiellement tourné une page, avec la promesse d’un nouveau chapitre centré sur l’humain.




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