Le suspense continue autour du choix du duo présidentiel du parti Les Démocrates. Alors que la formation dirigée par l’ancien président Boni Yayi devait officialiser ce dimanche 12 octobre le binôme appelé à défendre ses couleurs à la présidentielle du 12 avril 2026, la décision a de nouveau été reportée au lundi 13 octobre 2025. Selon la page officielle du parti, « le Conseil national est reporté pour le lundi 13 octobre 2025 ». Une annonce brève, mais lourde de signification, tant les attentes étaient fortes après un premier ajournement survenu deux jours plus tôt, le vendredi 10 octobre. Les délibérations auront finalement lieu à la salle des Fêtes “Gratitudes” à Abomey-Calavi.
Un deuxième report qui interroge
Ce deuxième report consécutif intervient dans un climat déjà marqué par de fortes spéculations sur les divergences internes quant au choix du ticket présidentiel.
Plusieurs militants évoquent, sans preuves formelles, des tensions autour de l’influence supposée de Boni Yayi, accusé par certains cadres de vouloir imposer “son” candidat au détriment d’un véritable consensus démocratique.
Des sources proches du parti évoquent des discussions animées au sein du Conseil national, où plusieurs tendances s’opposent.
Tandis que certains plaident pour un profil de terrain capable de rallier la jeunesse et les bases locales, d’autres estiment qu’il faut miser sur une figure d’expérience et de crédibilité internationale pour affronter le duo Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata, déjà investi par la mouvance présidentielle.
Une liste record de 34 prétendants
Le parti d’opposition le plus structuré du Bénin fait face à un véritable défi de cohésion : 34 personnalités ont officiellement déposé leur dossier pour l’investiture.
Parmi elles figurent des figures connues comme Nourou-Dine Saka Saley, Éric Houndété, Daniel Edah, Guy Mitokpè et Nouréinou Atchadé, mais aussi des profils plus discrets issus de la société civile et de la diaspora.
Ce nombre record illustre à la fois la vitalité interne du parti et la complexité de ses équilibres politiques.
Le Conseil national doit désormais départager ces candidatures et choisir le duo qui portera les espoirs de l’opposition face à la machine politique de la mouvance présidentielle.
Entre attentes et inquiétudes à la base
Dans les rangs des militants, les attentes sont immenses. Beaucoup espéraient que cette fois, le parti tranche enfin pour un ticket clair afin de lancer la mobilisation nationale.
Mais la succession de reports commence à susciter de la frustration et de la méfiance.
« Nous avons besoin d’un leadership collectif, pas d’un choix imposé », confie un militant, préférant garder l’anonymat.
D’autres, plus modérés, estiment que Boni Yayi cherche avant tout à préserver l’unité et à éviter une fracture interne à la veille d’une élection capitale.
Un parti face à l’urgence de l’unité
À six mois de la présidentielle, Les Démocrates jouent gros. Le parti, qui se veut le fer de lance de l’opposition, doit prouver sa capacité à se fédérer autour d’un projet commun.
Le choix du duo candidat, reporté désormais au lundi 13 octobre, sera donc scruté avec attention, car il en dira long sur la solidité du parti et la crédibilité de son alternative face à la mouvance au pouvoir.
Pour l’heure, l’incertitude reste entière : entre ambitions personnelles, équilibres régionaux et arbitrage politique, le camp Yayi semble chercher la formule gagnante.
Mais chaque report fragilise un peu plus la confiance des militants et fait planer le doute sur la capacité du parti à aborder la présidentielle dans la sérénité.
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