Bénin/rencontre Patrice Talon-DES: plusieurs obstacles levés
- Towanou Johannes
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La tension retombe dans les hôpitaux universitaires. Les étudiants en médecine ont annoncé la suspension de leur mouvement de grève à compter de ce mardi 17 mars 2026, à l’issue d’une rencontre avec le président de la République au palais de la Marina. Joint par Bip Radio, l’un des responsables du mouvement a confirmé la reprise des stages hospitaliers, mettant ainsi fin à plusieurs jours de perturbations dans les structures sanitaires liées à la mobilisation des médecins en formation.
Une rencontre de plus de trois heures avec le chef de l’État
La réunion avec le chef de l’État s’est tenue à huis clos au palais de la Marina et a duré près de trois heures et demie.
Selon les informations communiquées par les représentants des étudiants, les échanges ont essentiellement consisté en un dialogue direct entre le président et les médecins en spécialisation, qui ont pu exposer en détail leurs préoccupations.

Les discussions se sont déroulées en présence des ministres en charge de la Santé et de la Justice, ainsi que d’enseignants de la Faculté des sciences de la santé de Cotonou, rattachée à l’Université d’Abomey-Calavi.

Au cours de la rencontre, les étudiants ont remis au chef de l’État plusieurs documents exposant leurs revendications, notamment celles relatives au manque de textes clairs définissant leurs droits, leurs responsabilités et leur statut dans les hôpitaux de stage.
Vers l’élaboration d’un cadre légal
À l’issue des échanges, il a été proposé de travailler à l’élaboration d’un cadre légal clarifiant le statut des médecins en spécialisation.
Selon les représentants des étudiants, le président de la République a décidé de mettre en place une commission de travail composée notamment de représentants des étudiants, de la faculté et des ministères concernés afin de rapprocher les différentes propositions.
Cette commission aura pour mission d’examiner les projets de textes et de travailler également sur les conventions hospitalières qui encadrent les stages des étudiants en médecine.
Les représentants des étudiants ont par ailleurs annoncé qu’un moratoire de 21 jours a été accordé au gouvernement pour produire un avant-projet de cadre légal, période durant laquelle les discussions se poursuivront au sein de cette commission.
La question des collègues condamnés renvoyée à la justice
Concernant la situation des praticiens condamnés dans l’affaire à l’origine du mouvement, le chef de l’État n’a pas pris position.
Selon les étudiants, il a indiqué laisser la justice suivre son cours, tout en suggérant d’attendre l’issue de la procédure en appel pour apprécier l’évolution du dossier.
Un mouvement né d’une affaire judiciaire
La mobilisation des étudiants en médecine s’inscrivait dans un contexte particulièrement sensible.
Elle faisait suite à une décision de justice rendue par le tribunal de première instance de Porto-Novo dans une affaire liée au décès d’une patiente après une césarienne pratiquée au CHUD Ouémé.
Dans ce dossier, une gynécologue et deux de ses assistants ont été condamnés à deux ans de prison dont une année ferme pour homicide involontaire.
En réaction à cette décision judiciaire, les étudiants en médecine avaient annoncé la suspension de leurs stages hospitaliers à partir du 12 mars.
Ceci, en signe de solidarité avec leurs collègues et pour exprimer leurs inquiétudes sur les conditions d’exercice de leur formation.
Reprise des stages sous de nouvelles règles
Avec la suspension du mouvement, les étudiants en spécialisation annoncent la reprise des stages hospitaliers dès le 17 mars, mais sous certaines dispositions internes destinées à encadrer leurs pratiques.
Ils indiquent notamment que toute décision médicale devra désormais être prise sous l’aval explicite d’un médecin sénior, et qu’aucun bloc opératoire ne pourra être dirigé par un médecin en spécialisation en l’absence d’un praticien confirmé.
Les prescriptions médicales devront également mentionner le médecin sénior d’astreinte, tandis que les visites et comptes rendus médicaux devront être réalisés sous la supervision d’un responsable.
Un mouvement qui marque les esprits
Les représentants des étudiants estiment que la mobilisation a atteint un niveau inédit au sein de la faculté de médecine, soulignant la rapidité avec laquelle elle s’est organisée.
Malgré la suspension de la grève, ils appellent les médecins en spécialisation à rester mobilisés et attentifs aux conclusions de la commission mise en place.
Les travaux de cette dernière devraient déterminer l’évolution du cadre réglementaire de leur formation et de leur pratique hospitalière.




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