Ce pays africain refuse l'endettement extérieur et s'explique
- Towanou Johannes
- May 16, 2024
- 3 min read
C'est une option claire et assumée par le Président algérien. Il a récemment réitéré la position ferme de son pays contre l'endettement extérieur lors d'un discours adressé aux officiers supérieurs de l'armée. Selon le quotidien en ligne TSA, il a déclaré avec force : "Si tu vas vers l’endettement, c’est fini, tu dois te taire, tu ne peux défendre ni Gaza ni le Sahara occidental ni les droits de l’homme ou les droits des opprimés en Afrique ou ailleurs". Cette prise de position souligne l'importance pour l'Algérie de maintenir son indépendance en matière de politique étrangère et de pouvoir choisir librement ses partenaires économiques.
Une dette extérieure parmi les plus faibles au monde
L'Algérie se distingue par un niveau d'endettement extérieur remarquablement bas, l'un des plus faibles au monde.
Cette situation reflète une politique délibérée visant à éviter les pièges de l'endettement qui ont marqué le passé du pays.
Dans les années 1990, l'Algérie a connu une période difficile où les revenus tirés de l'exportation des hydrocarbures, principale source de devises étrangères, ne suffisaient même pas à couvrir le service de la dette.
Ce contexte a conduit le pays à accepter des mesures drastiques imposées par le Fonds Monétaire International (FMI) pour rééchelonner ses dettes.
Le piège de l'endettement : une leçon du passé
L'expérience des années 1990 reste gravée dans la mémoire collective algérienne.
Durant cette décennie, l'Algérie a fait face à une crise économique sévère où les recettes des hydrocarbures étaient insuffisantes pour assurer le service de la dette extérieure.
Cette situation a obligé le pays à se soumettre à des programmes d'ajustement structurel imposés par le FMI, qui ont souvent conduit à des sacrifices économiques et sociaux douloureux pour la population.
Ces souvenirs douloureux ont renforcé la détermination de l'Algérie à éviter de se retrouver à nouveau dans une telle situation de dépendance financière.
Une stratégie de redressement grâce à la manne pétrolière
Les années 2000 ont marqué un tournant pour l'Algérie grâce à la hausse significative des cours du pétrole.
Cette période de prospérité relative a permis au pays de redresser sa situation financière.
Fort de ces nouvelles recettes, le gouvernement algérien a pris la décision stratégique de rembourser par anticipation la quasi-totalité de sa dette extérieure.
Ce choix a non seulement allégé le fardeau financier du pays mais a également renforcé sa souveraineté économique.
Une politique économique indépendante
Aujourd'hui, l'Algérie se targue de sa capacité à financer ses projets de développement sans recourir à l'endettement extérieur.
Cette indépendance financière est perçue comme une garantie de liberté dans la conduite de sa politique étrangère et de ses engagements internationaux.
En refusant de s'endetter, l'Algérie préserve sa capacité à défendre les causes qui lui tiennent à cœur, comme le soutien aux peuples opprimés et la lutte pour les droits de l'homme à travers le monde.
Un choix stratégique pour l'avenir
La position de l'Algérie contre l'endettement extérieur n'est pas seulement une question de principe, mais aussi une stratégie pragmatique pour assurer la stabilité économique et préserver la souveraineté nationale. En tirant les leçons du passé et en profitant des périodes de prospérité pour réduire ses dettes, l'Algérie s'efforce de maintenir une politique économique autonome et résiliente face aux aléas du marché mondial. Cette approche, bien que rigoureuse, permet au pays de demeurer maître de son destin et de ses choix stratégiques sur la scène internationale.










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