Ce que la Russie fait perdre au Mali, au Faso et au Niger
- Towanou Johannes
- Jul 31
- 2 min read

Le Luxembourg a officiellement décidé de mettre un terme à sa coopération bilatérale avec les trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Cette décision, annoncée par le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères, marque la fin d’une longue tradition d’appui au développement dans ces États en proie à des bouleversements politiques et sécuritaires majeurs.
Le désengagement est justifié par l’absence de perspectives de retour à l’ordre constitutionnel, à la suite des coups d’État successifs ayant porté au pouvoir des régimes militaires dans ces pays.
Les derniers programmes en cours, en particulier ceux menés avec le Mali et le Burkina Faso, ne seront pas renouvelés après leur échéance prévue en 2025.
Quant au Niger, la coopération avait déjà été suspendue depuis le renversement du président Mohamed Bazoum en 2023.
Un contexte de ruptures et de réorientations géopolitiques
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de réorientation géopolitique opérée par les régimes de transition du Sahel.
Ils ont progressivement rompu avec leurs anciens partenaires occidentaux au profit d’un rapprochement assumé avec la Russie.
Ceci, notamment dans le domaine militaire et, dans une moindre mesure, avec la Chine pour des projets d’infrastructures.
Loin d’être isolé, ce désengagement du Luxembourg fait écho à un climat général d’occidentalophobie nourri par les discours souverainistes des autorités militaires en place.
L’expulsion de la France, l’un des premiers bailleurs de la région, en est un exemple emblématique.
Le Luxembourg, dernier partenaire occidental à tenir
Malgré ce contexte tendu, le Luxembourg avait, jusqu’à récemment, maintenu une présence active dans la région.
« Le Luxembourg a été admirable et résilient. Il est resté engagé bien après que d'autres pays européens ont quitté le terrain », a souligné Thomas Kauffmann, directeur général de MSF Luxembourg.
Mais la détérioration des conditions sécuritaires, les pressions politiques, les risques accrus d’enlèvement et l’impossibilité d’accéder à certaines zones ont fini par convaincre le Grand-Duché de tourner la page.
Le ministère reconnaît que ces facteurs ont joué un rôle décisif dans la fin des programmes bilatéraux.
L’aide humanitaire maintenue, malgré tout
Si la coopération gouvernementale est en train d’être démantelée, le Luxembourg n’abandonne pas totalement les populations sahéliennes.
L’aide humanitaire d’urgence, via les ONG, les agences multilatérales et les partenaires non étatiques, reste préservée.
« C’est même le contraire, les financements humanitaires seront renforcés », a affirmé une chargée de projet humanitaire active dans la région.
Le ministère luxembourgeois des Affaires étrangères confirme cette position :
« Le Luxembourg reste engagé dans le soutien aux populations vulnérables, malgré la suspension de la coopération bilatérale classique ».









Comments