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Faso: trois ans après le putsch militaire, Ibrahim Traoré accuse

Ibrahim Traoré / Président du Faso
Ibrahim Traoré / Président du Faso


Le 30 septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré renversait le régime en place, justifiant son putsch par l’incapacité des autorités d’alors à contenir la progression des groupes jihadistes. Cette prise de pouvoir, portée par un discours d’urgence nationale, avait été accompagnée d’une promesse ferme : rétablir la sécurité en « quelques mois » seulement. Trois ans plus tard, ce serment initial reste un point de référence incontournable, tant il contraste avec la situation toujours dramatique du pays. Le terrorisme, loin de reculer, continue d’ensanglanter le Burkina Faso et de fragiliser ses populations.


Des justifications présidentielles


Face aux critiques de plus en plus nombreuses, Ibrahim Traoré a pris la parole le 28 septembre dernier.


Dans son intervention, il a cherché à relativiser sa promesse passée en insistant sur les obstacles structurels rencontrés dès son arrivée au pouvoir.


Selon lui, le Burkina Faso manquait cruellement d’armements, de munitions et d’effectifs, autant de conditions essentielles qui auraient empêché toute action militaire décisive en 2022.


En réaffirmant cet argumentaire, le chef de la transition veut rappeler que son régime hérite d’un lourd passif sécuritaire qu’il s’efforce de corriger.


Une armée renforcée mais un terrain inchangé


Ces trois dernières années, le capitaine Traoré a effectivement mis l’accent sur le renforcement des capacités de l’armée.


De nouveaux équipements ont été acquis, des moyens financiers ont été dégagés pour l’effort de guerre, et le nombre de Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) a considérablement augmenté.


Ces mesures traduisent une volonté manifeste de mobiliser toutes les forces nationales face à la menace.


Pourtant, malgré cet engagement militaire accru, le quotidien des Burkinabè ne s’est pas sensiblement amélioré.


Les attaques terroristes demeurent fréquentes, et de larges portions du territoire échappent encore au contrôle de l’État.


Le contraste entre les annonces officielles et la réalité sur le terrain nourrit une frustration croissante.


Le spectre des libertés fragilisées


Parallèlement à la stagnation sécuritaire, un autre phénomène interpelle : la restriction progressive des libertés.


Plusieurs organisations de défense des droits humains estiment que la lutte contre le terrorisme s’accompagne de dérives inquiétantes.


Didier Ouedraogo, président du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), section France, évoque la persistance d’arrestations arbitraires, l’érosion des libertés syndicales et politiques, ainsi que des entraves à l’action journalistique.


Selon lui, « de nombreux compatriotes » se retrouvent aujourd’hui privés de liberté dans des conditions opaques, accentuant le climat de méfiance et d’incertitude au sein de la société civile.


Une communication militaire inhabituelle


Conscient des critiques qui se multiplient, l’État-major des armées a publié un communiqué le 26 septembre, une initiative inhabituelle dans sa fréquence.


Le texte mettait en garde les soldats contre les « fausses rumeurs » d’« ennemis » cherchant à « saper la cohésion » et « entamer le moral » des troupes.


Ce rappel à l’ordre intervient dans un contexte où la confiance entre les autorités militaires et la population reste fragile.


La rareté de ces communications officielles, la précédente datant de novembre 2024, souligne la volonté du commandement de rassurer ses rangs et de contenir les doutes internes.


L’ennemi extérieur au cœur du discours


Cette stratégie de désignation d’ennemis extérieurs a pris une tournure concrète avec la confirmation par Ibrahim Traoré, le 28 septembre 2025, de l’arrestation de six fonctionnaires ivoiriens.


Selon lui, ces agents avaient franchi la frontière burkinabè et menaient des « actions d’espionnage ».


« Chaque fois que quelqu’un franchit la frontière, mène des actions… ça, c’est de l’espionnage. Donc c’est logique qu’on les arrête et qu’on les entende », a-t-il affirmé à la télévision nationale.


L’affaire s’inscrit dans une série d’incidents similaires : en septembre 2023 et en juin 2025, des gendarmes ivoiriens avaient déjà été interpellés par des supplétifs burkinabè, avant d’être relâchés.


Ces épisodes traduisent une méfiance persistante vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, accusée par Ouagadougou de chercher à déstabiliser son voisin.


Abidjan rejette fermement ces allégations, mais les tensions frontalières s’ajoutent désormais aux difficultés sécuritaires internes.


Pour ses détracteurs, Ibrahim Traoré semble plus enclin à se concentrer sur la menace extérieure qu’à assumer pleinement l’échec de ses promesses face à la réalité intérieure : l’enlisement du conflit armé et la dégradation continue des libertés publiques.


Trois ans après : un bilan contrasté


À l’heure du troisième anniversaire du putsch, le bilan de la transition apparaît donc contrasté.


Ibrahim Traoré peut se prévaloir d’avoir renforcé l’armée et mobilisé davantage de citoyens autour de la défense nationale.


Mais ces avancées peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain, et le nombre de victimes civiles ne cesse d’augmenter.


Avec près de 16 000 morts recensés en deux ans, le Burkina Faso est devenu, selon le Global Terrorism Index, l’épicentre mondial du terrorisme.


Trois ans après son arrivée, le capitaine Traoré reste confronté à l’écart persistant entre ses promesses initiales et la dure réalité vécue par les Burkinabè.

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