Après plus d’un an et demi de détention, l’ancienne première dame du Gabon, Sylvia Bongo Ondimba, et son fils Noureddin Bongo Valentin, ont été libérés dans la matinée du vendredi 9 mai. Tous deux ont été conduits à la résidence de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, toujours placé en résidence surveillée depuis sa chute le 30 août 2023.
Retour au domicile familial
Selon des sources proches du dossier, les deux membres de la famille Bongo ont discrètement quitté la prison centrale de Libreville vendredi matin.
Ils ont été transférés vers la villa familiale située au nord de la capitale, dans le quartier huppé de la Sablière.
C’est là qu’Ali Bongo est retenu depuis le coup d’État militaire dirigé par le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI).
Sylvia et Noureddin Bongo avaient été arrêtés à la suite de ce putsch. Le fils aîné d’Ali Bongo était accusé de détournement massif de fonds publics, blanchiment d’argent et corruption, des chefs d’accusation également évoqués à l’encontre de sa mère, bien que dans un cadre moins détaillé publiquement.
Un geste dans le sillage du retour à l’ordre constitutionnel
Cette libération s’inscrit dans un contexte politique marqué par une volonté d’ouverture affichée par les nouvelles autorités.
Le 12 avril 2025, le général Brice Clotaire Oligui Nguema a été élu président de la République à l’issue d’un processus électoral validé par les observateurs internationaux.
Deux semaines plus tard, le 30 avril, l’Union Africaine a officiellement levé les sanctions imposées au Gabon depuis le coup d’État d’août 2023.
Cette décision faisait suite au retour à l’ordre constitutionnel, mais elle s’accompagnait aussi d’une exigence claire : le respect des droits de l’Homme, y compris pour les membres de l’ancien régime.
Selon des sources diplomatiques, la libération de Sylvia et Noureddin serait donc un des signes concrets envoyés par Libreville en réponse à cette demande, dans une logique d’apaisement et de réintégration pleine dans la communauté régionale et internationale.
Libres, mais sous surveillance
Contrairement à certaines rumeurs évoquant un abandon des poursuites, Sylvia et Noureddin Bongo ne sont pas juridiquement blanchis.
Ils demeurent assignés à résidence aux côtés d’Ali Bongo. La villa est étroitement surveillée par les forces de sécurité, et toute sortie du périmètre est soumise à une autorisation préalable des autorités compétentes.
Leur situation actuelle pourrait donc être qualifiée de « semi-liberté surveillée ». Aucune déclaration officielle n’a encore été faite par les avocats de la famille Bongo ni par le parquet militaire.
Une opinion publique vigilante
Dans la capitale gabonaise, la nouvelle de leur libération a suscité des réactions contrastées.
Si certains y voient un signe d’apaisement salutaire, d’autres dénoncent une justice à deux vitesses.
Des voix s’élèvent pour réclamer plus de transparence sur le sort réservé aux anciens dignitaires du régime déchu, alors que d’autres personnalités politiques ou financières restent incarcérées ou sous le coup d’enquêtes.
Le dossier Bongo, longtemps symbole de la confusion entre pouvoir d’État et intérêts privés, continue de peser sur la transition gabonaise.
La libération de deux de ses figures centrales pourrait marquer une nouvelle étape dans cette période sensible, mais elle soulève aussi de nombreuses interrogations sur l’orientation réelle du nouveau pouvoir.
Comments