GUINEE-BISSAU: INVESTITURE DU NOUVEAU GOUVERNEMENT SUR FOND DE TENSIONS
- Towanou Johannes
- Dec 21, 2023
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La Guinée-Bissau tient un nouveau gouvernement, dans une ambiance de crise entre le président Umaro Cissoco Embalo et l’Assemblée nationale, qu’il a dissoute récemment.
Ce jeudi 21 décembre, Rui Duarte Barros remplace au poste de premier ministre Geraldo Martins, qui pourtant avait été reconduit huit jours auparavant. Aucune raison officielle n’a filtré pour justifier ce changement de gouvernement.
Toutefois, il semblerait que c’est une lettre du procureur au président qui aurait scellé le sort de Geraldo Mendes. Le procureur aurait indiqué dans la missive vouloir interroger l’ancien premier ministre dans un scandale de malversations impliquant notamment deux de ses anciens ministres.
Le président a d’ailleurs averti le nouveau premier ministre, qu’il subirait le même sort « si demain, nous découvrons des soupçons de corruption sur toi ». La nouvelle équipe gouvernementale est composée de 33 membres. 24 ministres et 9 secrétaires d’Etat, qui ont pour mission principale selon le président Embalo, la lutte contre la corruption.
Le nouveau Premier ministre investi a déjà occupé les fonctions de premier ministre de transition mais aussi ministre des finances. Il est, à l’image de son prédécesseur, membre de la coalition d'opposition conduite par le PAIGC, historique formation politique du pays.
Faut-il le rappeler, une crise persiste entre le président Embalo et l’Assemblée dirigée jusqu’à sa dissolution par Domingos Simoes Perrera. De source locale, le limogeage de Martins pourrait s’expliquer par la volonté du PAIGC, de reconduire la même équipe gouvernementale installée au sortir des législatives de juin 2023, remportées par la coalition conduite par le parti.
Le président Embalo estimerait inacceptable la reconduction d’un tel gouvernement sur laquelle il n’avait plus la main. Sa décision de dissoudre l’Assemblée au lendemain d’affrontements à Bissau, ou encore la prise en main des ministères de l’Intérieur et de la Défense en sont des conséquences.
L’opposition pour sa part crie à la violation de la constitution, qui ne permet pas entre autres au président la dissolution d’un parlement dans un délai de 12 mois après son élection.









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