Guinée : un collectif durcit le ton et menace le régime
- Towanou Johannes
- May 22, 2024
- 2 min read
Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), un collectif de la société civile, a averti mardi qu'il reprendrait les manifestations si la junte militaire ne s'engage pas à rendre le pouvoir d'ici la fin de l'année. Cette annonce survient alors que la Guinée traverse une période de transition tumultueuse depuis le coup d'État de 2021.
Lors d'une conférence de presse, Ibrahima Diallo, représentant du FNDC, a exprimé la détermination du collectif à s'opposer à tout report de la transition par "tous les moyens légaux, y compris les manifestations".
Le collectif dénonce une situation socio-économique déplorable, marquée par des pénuries d'électricité et d'eau potable ainsi qu'un chômage endémique, et estime que prolonger la transition équivaut à prolonger la souffrance du peuple guinéen.
La junte, dirigée par le Général Mamadi Doumbouya, avait initialement accepté de rendre le pouvoir d'ici fin 2024 sous la pression de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Cependant, il semble désormais nourrir le désir de rester durablement au pouvoir. Le nouveau Premier ministre, Amadou Oury Bah, a récemment déclaré que la transition pourrait s'étendre jusqu'en 2025, tandis que le Général Doumbouya reste silencieux sur la question.
Face à cette incertitude, le FNDC prévoit des consultations avec les partis politiques, la société civile et les syndicats de la presse pour organiser de nouvelles manifestations.
Une coalition de l'opposition, l'Alliance nationale pour l'alternance et la démocratie (Anad), a déjà appelé à des manifestations samedi dernier.
Le FNDC, connu pour avoir initié de nombreuses journées de mobilisation contre l'ex-président Alpha Condé avant son renversement en 2021, pourrait de nouveau jouer un rôle central dans la contestation. Depuis 2021, la répression des manifestations en Guinée a causé la mort d'au moins 47 personnes, selon Amnesty International.
La junte, qui a interdit toute manifestation depuis 2022, continue de sévir contre l'opposition, arrêtant et poursuivant en justice plusieurs de ses membres, y compris des dirigeants du FNDC. La menace de nouvelles manifestations pourrait donc intensifier la confrontation entre les forces de l'ordre et les militants de la société civile, exacerbant encore la situation instable du pays.











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