Homosexualité : Ousmane Sonko met les pieds dans le plat et défie...
- Towanou Johannes
- Feb 24
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Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a annoncé, mardi 24 février 2026, qu’il avait transmis officiellement au président de l’Assemblée nationale un projet de loi relatif à l’homosexualité, ouvrant ainsi la procédure parlementaire pour son examen.
Il a insisté sur le fait que ce texte représentait le premier projet de loi qu’il porte personnellement et qu’il en assume la responsabilité politique.
Propos d’Ousmane Sonko :
« Hier, lundi, j’ai saisi le président de l’Assemblée nationale pour lui transmettre le projet de loi. C’est le premier projet de loi que je porte moi‑même, et je l’assume. »
Le projet vise à durcir les sanctions mais sans créer une nouvelle infraction. Selon les déclarations du chef du gouvernement, le texte adopté en Conseil des ministres vise à renforcer le dispositif juridique existant au Sénégal, notamment en durcissant les peines liées aux actes considérés “contre nature”, à l’apologie ou au financement de telles pratiques.
Contrairement à certaines attentes, Sonko a précisé qu’il ne s’agissait pas de “criminaliser davantage” l’homosexualité, car le Code pénal sénégalais prévoit déjà des sanctions sévères.
Sont prévues, 5 à 10 ans de prison, amendes pouvant aller de 2 à 10 millions de FCFA, et des peines plus lourdes si l’acte concerne un mineur.
Sonko face à l’Assemblée :
« On n’a pas besoin de criminaliser l’homosexualité dans la mesure où les lourdes peines de prison sont là… »
Un débat politique tendu à l’Assemblée nationale
La séance des questions d’actualité s’est déroulée dans un climat de interpellations vives entre députés.
Le député Abdou Mbow a critiqué le Premier ministre sur son engagement passé, rappelant qu’en 2022 Sonko avait promis que la loi criminalisant l’homosexualité serait l’une des premières adoptées s’il accédait au pouvoir.
Abdou Mbow :
« C’est une contradiction entre les déclarations de campagne et l’action gouvernementale actuelle. »
Mbow a demandé si Sonko comptait inciter ses députés à proposer un amendement pour faire figurer explicitement la criminalisation dans le projet de loi gouvernemental.
Sonko défend le rôle de l’État et critique certaines réactions externes
Parallèlement à sa défense du texte, Ousmane Sonko a pris position contre des initiatives qu’il juge excessives ou personnelles de certains acteurs de la société civile ou religieux.
Il a notamment condamné la publication de noms de personnes présentées comme homosexuelles, estimant que ces actes relèvent d’une violation de la vie privée et doivent être traités par les institutions régaliennes.
« Rien ne les autorise à publier les noms des gens sous prétexte qu’ils sont homosexuels. »
Un débat qui divise fortement l’opinion publique
Ce projet de loi s’inscrit dans un contexte social et politique hautement sensible, marqué par des débats autour de l’adaptation du Code pénal aux réalités sociétales du Sénégal et aux engagements politiques pris durant des périodes électorales.
L’adoption définitive du texte dépend désormais de l’examen et du vote au sein de l’Assemblée nationale.
Il est fort probable que des discussions approfondies et potentiellement conflictuelles auront lieu dans les semaines à venir.




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