Inédit en Afrique : un pays interdit le Brazilian Butt Lift (BBL)
- Towanou Johannes
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Le gouvernement congolais a tranché. Les opérations de Brazilian Butt Lift (BBL) sont désormais interdites en République démocratique du Congo.
L’annonce, faite à l’Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a provoqué un véritable séisme dans le secteur de l’esthétique.
Face à la prolifération de cliniques improvisées et aux risques sanitaires majeurs, les autorités ont estimé que la situation était devenue insoutenable.
Un constat alarmant : aucun cadre légal, aucun spécialiste
Selon le ministre, le pays ne dispose tout simplement pas de compétences médicales pour pratiquer ce type de chirurgie hautement risquée.

Dix-sept provinces n’ont même pas un seul médecin spécialiste. Dans ces conditions, autoriser des opérations aussi délicates reviendrait à exposer des patientes à un danger certain.
Le BBL, déjà connu mondialement comme l’une des interventions esthétiques les plus mortelles, devenait en RDC un cocktail explosif entre improvisation, manque de matériel adapté et absence totale de contrôle.
Des centres fermés pour protéger la population
Cette interdiction s’accompagne d’une fermeture immédiate de tous les centres esthétiques qui pratiquaient le BBL sans autorisation.
Plusieurs établissements, parfois très populaires à Kinshasa, ont été épinglés pour avoir réalisé des actes médicaux dans des conditions non conformes.
Entre hygiène insuffisante, absence d’équipements, usage de produits douteux et absence de personnel qualifié, les charges sont lourdes.
Les autorités parlent d’un “assainissement nécessaire” pour mettre fin à des pratiques clandestines qui mettaient des vies en jeu.
Une pratique alimentée par les réseaux sociaux
Depuis plusieurs mois, la capitale voyait fleurir des “maisons de beauté” proposant des remodelages fessiers attirant une clientèle séduite par les standards de beauté mis en avant sur les réseaux sociaux.
Derrière les façades colorées, les réalités étaient bien plus inquiétantes. Opérations parfois réalisées sans anesthésiste, injections de produits non homologués et absence de suivi médical.
Les témoignages recueillis font état de complications graves, parfois irréversibles.
Le Parlement approuve : une mesure de santé publique
Le député Guy Mafuta, qui avait interpellé le ministre, a salué la fermeté du gouvernement.
Pour lui, il était urgent que l'État intervienne pour protéger les Congolaises contre une pratique qui échappait totalement à la loi.
Il n’exclut pas qu’un jour, certaines interventions esthétiques puissent être autorisées, mais uniquement dans un cadre médical strict, avec des spécialistes formés et des cliniques certifiées.
Vers une future réglementation plus stricte
Le ministère de la Santé prépare déjà un nouveau cadre réglementaire destiné à encadrer la chirurgie esthétique en RDC.
Il prévoit notamment la création d’une base de données des centres, des inspections régulières, un système d’agrément strict et une définition claire de ce qui est autorisé ou non.
L’objectif est simple, éviter que de tels scandales ne se reproduisent.
Une interdiction qui veut éviter le pire
La décision du gouvernement n’est pas seulement administrative, elle vise à sauver des vies.
Dans un pays où la médecine esthétique n’est pas développée et où les dérives sont nombreuses, la suspension du BBL apparaît comme une mesure de prudence indispensable.
Elle envoie un message clair. La santé des Congolaises ne sera plus sacrifiée au profit de tendances importées ou de climats de business non contrôlés.









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