Kémi Séba attaque le Général Tiani, Ibrahim Traoré et Assimi Goïta
- Towanou Johannes
- Apr 22
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C'est une vraie tempête aux ramifications multiples. Depuis plusieurs jours, des audios attribués à Kemi Seba inondent les réseaux sociaux.
Ceci, alors qu’il est actuellement détenu en Afrique du Sud, dans l’attente de sa comparution prévue le 29 avril.
Au fil des révélations, une impression s’impose : les fuites de conversations privées semblent se multiplier dans son environnement, sans qu’une origine formelle et vérifiée ne soit établie à ce stade.
Ces enregistrements exposent des échanges internes particulièrement sensibles sur les régimes du Sahel, les alliances politiques et les rapports de force idéologiques au sein du panafricanisme contemporain.
AES : une critique frontale malgré un statut privilégié
Dans ces enregistrements, Kémi Séba s’attaque frontalement à l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
« Moi honnêtement, je sais que l’AES, c’est du n’importe quoi et ça ne peut pas prospérer. »
Une déclaration d’autant plus marquante que l’activiste dispose d’un passeport diplomatique nigérien, symbole d’une proximité officielle avec certaines autorités de Niamey.
Dans un échange avec Zaga Bambo, il souligne également un décalage entre image publique et réalité personnelle :
« Même l’AES, je peux compter le nombre de fois que je fais l’Atalakou… Observe bien mes réseaux. Pourtant, avec le passeport diplomatique, je sais ce qu’ils attendent de moi. »
Et dans la même logique critique :
« Nathalie, elle est là, elle fait des posts tout le temps sur les réseaux… moi ça ne m’intéresse pas. C’est ridicule. »
Tiani, Traoré : des attaques sans filtre
Le général Abdourahamane Tiani et le capitaine Ibrahim Traoré sont directement visés.
« Quand tu regardes Tiani et Traoré, ils sont tous entourés de vauriens et y’a aucune vraie idéologie. »
Sur Ibrahim Traoré, les propos sont encore plus tranchants :
« IB, c’est un idiot, il n’a rien dans la tête. Le Burkina, on n’en parle pas, le territoire est totalement foutu. »
Ces déclarations traduisent une rupture nette avec l’image d’un soutien implicite aux régimes militaires sahéliens.
Nathalie Yamb violemment prise pour cible
Autre figure du courant panafricaniste, Nathalie Yamb, est également visée :
« Elle, c’est la p*te des palais… elle sait très bien la merde qu’il y a dans le Sahel. »
Mais au-delà de l’attaque personnelle, il critique aussi sa stratégie médiatique :
« Elle fait des posts tout le temps sur les réseaux… moi ça ne m’intéresse pas. Dire qu’on est avec tel ministre, c’est ridicule. »
Assimi Goïta également visé
Le président du Mali, Assimi Goïta, est aussi évoqué.
Kémi Séba affirme :
« Le Mali, moi je ne mets plus les pieds… on a mené la révolution, Assimi Goïta a pris le pouvoir… au départ il a fait semblant de marcher avec nous, et à la fin tous les gens qui l’ont porté, il les a écartés. »
.Une critique qui élargit la remise en cause à l’ensemble des figures de l’AES.
Russie : une critique radicale et une lecture géopolitique complexe
Le passage consacré à la Russie est l’un des plus denses et des plus controversés. Kémi Séba adopte une posture à la fois brutale et analytique.
Il commence par une charge frontale :
« Les Russes, c’est des fils de p*tes. C’est des opportunistes. »
Il insiste sur le fait qu’il refuse toute idéalisation des puissances étrangères :
« Moi les Russes, je m’en bats les co*illes… je m’en bats les couilles de tout le monde. »
Mais il nuance ensuite en expliquant leur logique d’action :
« Dans certains cas, ils peuvent aider une lutte, dans d’autres ils peuvent intoxiquer une situation pour fragiliser un régime. »
Il évoque également des contacts entre opposants africains et réseaux russes, tout en dénonçant les illusions autour de ces relations :
« Les gens croient que je suis le pote des Russes… mais moi je ne suis le pote de personne. »
Sur le Burkina Faso, il ajoute :
« Quand IB dit que les Russes ne sont pas à Ouaga, il se fout de lui-même. Tout le renseignement est aux mains des Russes… »
Cette séquence révèle une lecture profondément désenchantée des alliances internationales, où les intérêts priment sur toute idéologie.
Zaga Bambo : « dire la vérité »
Au cœur de cette affaire, Zaga Bambo affirme être l’interlocuteur de Kémi Séba dans l’un des échanges ayant fuité.

Dans son communiqué du 19 avril 2026, il déclare :
« Aujourd’hui, je prends la parole par devoir et par responsabilité pour que la vérité ne soit pas étouffée… »
Il précise avoir eu un seul échange avec lui en octobre 2025 via Telegram :
« Notre toute première et seule discussion remonte au début du mois d’octobre 2025… »
Et ajoute :
« Lui dire que son soutien au régime de Faure Gnassingbé est en contradiction totale avec les idéaux panafricanistes. »
Sur la fuite des audios, il avance une hypothèse personnelle, sans confirmation :
« Les services de police impliqués dans cette arrestation ont eu accès à ses téléphones… »
Une deuxième vague après le cas béninois
Ces révélations constituent la deuxième grande vague de fuites attribuées à Kémi Séba.
Une première série impliquant un interlocuteur du Bénin avait déjà circulé, évoquant des discussions sensibles autour de possibles actions de déstabilisation.
La répétition de ces épisodes renforce l’idée d’un environnement numérique et politique particulièrement exposé, où les échanges privés deviennent des éléments publics à forte charge politique et médiatique.
Vers un divorce avec l’AES ?
Un autre élément intrigue : la récente demande d’asile de Kémi Séba en Afrique du Sud.
Sans lien formel établi, ces éléments alimentent néanmoins l’idée d’un possible repositionnement stratégique.
Entre critiques ouvertes de l’AES, tensions avec certains dirigeants et exposition médiatique des audios, plusieurs observateurs évoquent un éloignement progressif entre l’activiste et les régimes militaires sahéliens.
Une crédibilité en jeu dans l’espace panafricaniste
Au-delà des individus cités, cette affaire met en lumière une crise plus large au sein du courant panafricaniste.
Les divergences exprimées dans ces échanges révèlent des tensions profondes entre discours publics, alliances politiques et positionnements personnels.
Ce contraste nourrit un débat sur la cohérence idéologique des engagements récents dans la région, mais aussi sur la solidité des réseaux militants face aux réalités du pouvoir et des intérêts géopolitiques.
Un tournant décisif pour les équilibres politiques et militants
À l’approche de sa comparution, Kémi Séba se retrouve au centre d’une séquence où se mêlent enjeux judiciaires, diplomatiques et médiatiques d’une rare intensité.
Les audios qui circulent, leur contenu et leur portée alimentent désormais un débat qui dépasse largement le cadre individuel.
Car au-delà des propos attribués, c’est l’ensemble des relations entre activistes, régimes militaires et influences étrangères qui se retrouve exposé et discuté publiquement.




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