Kemi Seba au cœur d’une tentative d’évasion aux financements russes

Le dossier judiciaire de Kémi Séba prend une nouvelle dimension en Afrique du Sud.
Alors que l’activiste panafricaniste est toujours détenu et fait l’objet d’une procédure d’extradition réclamée par le Bénin, des éléments présentés par le parquet sud-africain font état de possibles connexions russes autour de la tentative présumée de sortie clandestine du territoire.
Selon les documents judiciaires et les éléments rapportés par Le Monde, les procureurs sud-africains estiment que des fonds provenant de Russie pourraient avoir servi à financer l’opération destinée à faire passer Kémi Séba vers le Zimbabwe.
250 000 rands pour organiser la traversée
Au centre de cette affaire figure François Van der Merwe, membre des Bittereinders, un mouvement identitaire afrikaner.
D’après le parquet sud-africain, celui-ci aurait reçu 250 000 rands, soit environ 13 000 euros, pour mettre en place les moyens permettant à Kémi Séba de quitter clandestinement l’Afrique du Sud.
Le projet aurait notamment consisté à rejoindre le Zimbabwe en franchissant illégalement le fleuve Limpopo.
Les autorités sud-africaines affirment avoir découvert le dispositif dans le cadre d’une opération d’infiltration.
Associated Press avait déjà rapporté que Van der Merwe était soupçonné d’avoir reçu environ 250 000 rands pour faciliter les déplacements transfrontaliers du groupe.
Le nom d’Alexandre Douguine apparaît dans le dossier
Les accusations prennent une dimension supplémentaire avec la mention de contacts russes.
Selon les éléments présentés devant la justice et rapportés par Le Monde, Kémi Séba aurait lui-même expliqué avoir sollicité Alexandre Douguine, idéologue ultranationaliste russe proche des milieux du pouvoir à Moscou.
D’après cette version, Douguine aurait contribué à mettre l’activiste en relation avec des personnes susceptibles d’organiser son départ d’Afrique du Sud.
Le scénario envisagé aurait préalablement consisté à rejoindre le Zimbabwe avant une éventuelle poursuite du voyage vers la Russie.
Il convient toutefois de distinguer les faits établis des accusations du parquet : à ce stade, les documents judiciaires évoquent une origine russe présumée des fonds, et non une décision de justice établissant que le gouvernement russe aurait directement financé l'opération.
Une arrestation au cœur d’une opération d’infiltration
Kémi Séba a été arrêté le 13 avril 2026 à Pretoria, aux côtés de son fils et de François Van der Merwe, dans le cadre d’une opération menée avec l’appui d’Interpol, selon la police sud-africaine.
Les autorités affirment avoir découvert un projet visant à quitter illégalement le pays par le Zimbabwe.
Le dossier comporte également un volet migratoire et une procédure distincte liée à la demande d’extradition formulée par le Bénin.
Kémi Séba conteste les accusations
Face aux accusations portées contre lui, Kémi Séba rejette les éléments avancés par les autorités sud-africaines.
Dans une déclaration transmise depuis sa détention, il a dénoncé des accusations qu’il considère comme infondées et a accusé les autorités de chercher à prolonger son maintien en détention.
Son dossier reste donc particulièrement sensible, à la croisée de plusieurs procédures judiciaires et de questions géopolitiques.
L’extradition vers le Bénin toujours en suspens
À cette affaire sud-africaine s’ajoute la demande d’extradition introduite par les autorités béninoises.
Cotonou réclame le retour de Kémi Séba, poursuivi notamment pour des faits liés à l’« incitation à la rébellion » après son soutien public à la tentative de coup d’État survenue au Bénin en décembre 2025.
L’affaire dépasse désormais largement la seule question migratoire. Elle met en lumière les réseaux et les connexions internationales gravitant autour de Kémi Séba.
Ceci, tout en opposant deux récits radicalement différents : celui des autorités sud-africaines, qui évoquent une opération clandestine avec des connexions russes, et celui de l’activiste, qui dénonce une instrumentalisation politique et judiciaire.
Le prochain épisode judiciaire sera donc particulièrement attendu, alors que la question de son éventuelle extradition vers le Bénin demeure toujours ouverte.




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