Ce samedi 20 juillet 2024, une altercation a éclaté au sein du parlement de la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
Le député sénégalais Guy Marius Sagna, connu pour ses prises de position tranchées, a vivement critiqué les chefs d'État de la région, les accusant de l'appauvrissement de l'Afrique de l'Ouest.
Ses propos ont suscité une réaction virulente de la part d'Adjaratou Traoré, vice-présidente du parlement de la CEDEAO et députée ivoirienne.
Les critiques de Guy Marius Sagna
Lors de son intervention, Guy Marius Sagna a fait une déclaration incendiaire qui a mis le feu aux poudres. Suivons l'extrait de la séquence
Ces paroles visaient directement les dirigeants ouest-africains, les accusant d'être responsables des difficultés économiques de leurs pays.
Le député a par la suite, nommément cité le président béninois Patrice Talon, l'ivoirien Alassane Dramane Ouattara, ou encore le bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló comme des exemples à ne pas suivre.
La réaction de Adjaratou Traoré
Adjaratou Traoré, visiblement irritée par ces accusations, a immédiatement pris la parole pour réprimander son collègue.
« La liberté de parole ne veut pas dire que vous devez dire n’importe quoi à l’endroit des chefs d’État. C’est du n’importe quoi que vous êtes en train de dire », a-t-elle répliqué avec véhémence.
Elle a ensuite ajouté : « Vous êtes n’importe quoi et vous devez contrôler ce que vous avez à dire. Vous ne pouvez pas vous adresser aux chefs d’État, ce ne sont pas vos amis. Je ne suis pas d’accord, vous devez être courtois. »
Une tentative d'approche physique
Après cet échange verbal houleux, Adjaratou Traoré a tenté de s'approcher physiquement de Guy Marius Sagna.
Cependant, ses collègues députés sont intervenus pour l'en empêcher, essayant de calmer les esprits.
La tension palpable dans l'assemblée a finalement conduit à la suspension temporaire de la session parlementaire.
Conséquences et réactions
Cette altercation souligne les divisions profondes et les tensions au sein de la CEDEAO concernant les responsabilités et la gouvernance des chefs d'État de la région.
Les critiques de Guy Marius Sagna, bien qu'extrêmes, reflètent un sentiment partagé par de nombreux citoyens ouest-africains frustrés par la lenteur du développement économique et les promesses non tenues.
Adjaratou Traoré, en défendant vigoureusement les dirigeants, a également montré la volonté de certaines élites de protéger l'image et l'autorité des chefs d'État contre les attaques qu'ils jugent injustes ou déplacées.
La suspension de la session parlementaire pourrait inciter à une réflexion plus profonde sur la manière de gérer les débats et les critiques au sein de l'institution.
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