Mali: les mercenaires russes d'Africa Corps abandonnent Kidal
- Towanou Johannes
- Apr 27
- 3 min read

Le Mali traverse l’une des séquences les plus critiques de son histoire récente.
Après des attaques coordonnées d’une rare intensité à travers le pays, la ville stratégique de Kidal a basculé sous le contrôle du Front de libération de l’Azawad.
Dans le même temps, le retrait des forces maliennes et des hommes d'Africa Corps consacre un revers majeur pour les autorités de transition dirigées par le Général Assimi Goïta.
Cette séquence dramatique est aggravée par une autre onde de choc : la confirmation par Bamako du décès du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, considéré comme le numéro deux du régime.
Un retrait négocié qui tourne à la perte de Kidal
Selon des informations concordantes, les forces maliennes et leurs alliés russes s’étaient retranchés dans leur camp, installé sur une ancienne base de la MINUSMA.
Sous pression militaire, un accord aurait été conclu avec les groupes armés pour permettre leur retrait.
Un convoi a ainsi quitté Kidal sous escorte, laissant progressivement la ville aux mains du FLA.
Si les autorités n’emploient pas officiellement le terme d’« abandon », la réalité du terrain est sans appel : la perte de Kidal constitue un échec stratégique majeur pour Bamako.
Une offensive coordonnée avec le JNIM
Cette prise de contrôle s’inscrit dans une offensive plus large menée conjointement avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans.
Le groupe djihadiste, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué plusieurs attaques simultanées visant des positions sensibles, notamment à Bamako et dans d’autres localités clés.
Cette coordination entre groupes rebelles touaregs et entités djihadistes marque une évolution inquiétante du conflit, avec une capacité accrue à frapper simultanément sur plusieurs fronts.
La mort de Sadio Camara, un séisme au sommet de l’État
Dans ce contexte explosif, la confirmation par les autorités maliennes du décès du général Sadio Camara vient assombrir davantage la situation.

Ministre de la Défense et pilier du régime, il était considéré comme le véritable numéro deux du pouvoir.
Sa disparition, survenue dans le sillage des attaques, représente un coup extrêmement dur pour l’appareil sécuritaire et politique du pays.
Elle fragilise directement la chaîne de commandement militaire au moment même où le pays fait face à une offensive d’envergure.
Une stratégie sécuritaire mise en échec
Le partenariat avec Africa Corps, présenté comme un levier décisif pour reprendre le contrôle des zones sensibles, se retrouve aujourd’hui remis en cause.
Le retrait de Kidal, combiné à la montée en puissance des forces adverses, souligne les limites de cette stratégie.
Pour le pouvoir de transition, la séquence actuelle prend des allures de crise majeure.
Entre pertes territoriales, attaques coordonnées et disparition d’un haut responsable militaire, l’équilibre du régime est sérieusement ébranlé.
Un tournant critique pour le Mali
La chute de Kidal et les événements qui l’accompagnent pourraient marquer un tournant dans le conflit malien.
Le renforcement du FLA, appuyé par des actions du JNIM, redessine les rapports de force dans le nord du pays.
Dans ce contexte, une question s’impose : le Mali peut-il encore inverser la tendance face à une menace de plus en plus structurée et offensive ?
Une chose est sûre. Cette séquence restera comme l’un des épisodes les plus marquants pour le régime du Général Assimi Goïta.




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