Mali: Trump envisage des frappes malgré la Russie; Bamako réagit
- Towanou Johannes
- Jul 24
- 4 min read

L'administration du président américain Donald Trump étudierait la possibilité de mener des frappes contre le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) au Mali.
L'information, révélée par le Washington Post, intervient dans un contexte de dégradation continue de la situation sécuritaire au Sahel.
Sur place, les attaques djihadistes se multiplient malgré le renforcement de la coopération militaire entre Bamako et la Russie.
Une nouvelle intervention militaire en préparation ?
Selon les informations rapportées par le quotidien américain, plusieurs responsables de l'administration Trump réfléchissent à différentes options pour freiner la progression du JNIM, affilié à Al-Qaïda.
Si aucune décision définitive n'a encore été annoncée, l'hypothèse de frappes ciblées est évoquée au plus haut niveau de l'État américain.
Une telle opération marquerait une nouvelle implication directe des États-Unis dans la lutte antiterroriste au Sahel.
De quoi susciter déjà de nombreux débats au sein de l'appareil sécuritaire de Washington.
Donald Trump et l'élargissement des opérations américaines
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, les États-Unis ont déjà mené des opérations militaires ou des frappes contre plusieurs pays.
Il s'agit notamment de l'Iran, l'Irak, le Nigeria, la Somalie, la Syrie, le Venezuela et le Yémen.
Si une intervention militaire était finalement lancée sur le territoire malien, le Mali deviendrait le huitième pays visé par une opération américaine sous ce nouveau mandat.
Un projet qui divise à Washington
L'éventualité d'une intervention ne fait toutefois pas l'unanimité au sein de l'administration américaine.
D'après le Washington Post, Sebastian Gorka, directeur principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale, fait partie des responsables favorables à une action militaire contre le JNIM.
D'autres responsables, en revanche, privilégieraient une approche plus prudente, estimant qu'une telle opération pourrait avoir d'importantes conséquences diplomatiques et sécuritaires, notamment en raison de la présence russe au Mali.
Washington privilégie aussi la coopération militaire
Un haut responsable américain a toutefois relativisé les informations faisant état d'une intervention imminente.
Selon lui, la priorité de Washington est avant tout d'encourager les pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique du Nord à acquérir des équipements et des services militaires américains afin de renforcer leurs capacités dans la lutte contre le terrorisme.
Le même responsable a également exhorté les partenaires régionaux ainsi que les alliés de l'OTAN à soutenir davantage l'Alliance des États du Sahel (AES) dans son combat contre le JNIM et l'État islamique.
Cette déclaration montre que les États-Unis souhaitent également peser sur la stratégie sécuritaire de la région sans nécessairement intervenir directement.
La présence russe de plus en plus remise en cause
Cette séquence intervient alors que l'efficacité de la coopération militaire entre Bamako et Moscou est de plus en plus contestée par plusieurs observateurs.
Malgré la présence d'Africa Corps, qui a succédé au groupe Wagner, les groupes djihadistes poursuivent leur progression dans plusieurs régions du Mali.
Les attaques meurtrières contre les Forces armées maliennes se multiplient, tout comme les pertes humaines et les captures de soldats, alimentant les interrogations sur les résultats concrets de cette coopération.
Le responsable américain cité par le Washington Post estime ainsi que « la situation sécuritaire incombe à la Russie, qui s'est révélée être un partenaire inefficace en matière de sécurité pour le Mali ».
Le JNIM, une organisation classée terroriste
Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) est considéré par Washington comme l'une des organisations terroristes les plus actives en Afrique de l'Ouest.
Le mouvement a été inscrit sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d'État américain en 2018, ce qui permet aux États-Unis de prendre diverses mesures contre ses membres.
Ceci, y compris le recours à des opérations militaires lorsque cela est jugé nécessaire.
Bamako n'a reçu aucune notification officielle
Les autorités maliennes assurent n'avoir reçu aucune notification officielle concernant une éventuelle frappe américaine sur leur territoire.
Interrogé sur cette possibilité, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a déclaré :
« Nous avons constaté que de nombreux médias ont relayé cette information. À ce jour, nous ne disposons d'aucune confirmation, ni d'aucune déclaration officielle des États-Unis ou de responsables américains à ce sujet. Nous ignorons donc quelle sera la posture du gouvernement américain. »
Le chef de la diplomatie malienne a ensuite réaffirmé la volonté de son pays de s'appuyer avant tout sur ses propres capacités dans la lutte contre le terrorisme :
« Le Mali compte avant tout sur lui-même. Le Mali compte sur son intelligence, sur ses ressources, sur ses Forces de défense et de sécurité, ainsi que sur ses propres moyens. »
Il a enfin ajouté :
« La moindre des choses que l'on puisse attendre d'un partenaire est de venir demander au Mali de quoi il a réellement besoin. »
Une déclaration qui suscite des réactions
Les propos du ministre malien ont rapidement alimenté le débat sur les réseaux sociaux et parmi plusieurs analystes.
Certains estiment que l'affirmation selon laquelle le Mali compte d'abord sur ses propres moyens contraste avec la coopération militaire étroite entretenue avec la Russie depuis plusieurs années.
Pour ces observateurs, la présence d'Africa Corps aux côtés des Forces armées maliennes témoigne justement du recours à un partenaire extérieur dans la lutte contre les groupes armés.
Aurel Sossou




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