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Mali: une nouvelle tuerie expose l’échec d’Africa Corps à protéger les civils

6 minutes ago
3 min read


Le Mali est une nouvelle fois confronté à une tragédie sécuritaire qui soulève des interrogations sur la capacité des forces engagées sur le terrain à protéger les populations civiles.


Plus de 40 personnes ont été tuées le dimanche 18 octobre 2026 lors d’attaques attribuées à des hommes armés dans la région de Ménaka, au nord-est du pays.


Les victimes appartiendraient majoritairement à la communauté Daoussahak, dont est issu le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), un groupe armé proche des autorités militaires de Bamako.


Les assaillants, arrivés à moto, ont pris pour cible plusieurs campements, notamment dans la localité de Tinabow et le secteur de Tagadayat, situés à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Ménaka.


Au-delà du bilan humain, ces attaques mettent une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité des civils dans une région où les groupes djihadistes continuent de mener des opérations meurtrières.


Ceci, malgré la présence des forces maliennes et de leurs partenaires russes d’Africa Corps.


Une communauté prise pour cible


Selon des informations rapportées sur la base de témoignages de sources sécuritaires, locales et associatives, les attaques ont fait plus d’une quarantaine de morts.


Le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak a, pour sa part, attribué les tueries à l’organisation État islamique (EI), active dans cette partie du Sahel.


Les bilans communiqués varient selon les sources, certaines faisant état de plus de 50 victimes.


Des habitations auraient également été incendiées, tandis que des habitants ont fui leurs campements pour échapper aux violences.


Cette nouvelle attaque frappe une communauté dont certains membres sont engagés dans la lutte contre les groupes djihadistes à travers le MSA, considéré comme proche de la junte malienne.


Une source sécuritaire estime que les tueries pourraient constituer des représailles à des opérations militaires récemment menées dans la zone ainsi qu’à des attaques attribuées au MSA.


Cette hypothèse reste toutefois à établir de manière indépendante.


Africa Corps face à ses limites


Ces massacres relancent les interrogations sur les résultats de la stratégie sécuritaire mise en œuvre par les autorités de transition, avec l’appui de partenaires russes, notamment Africa Corps, qui a succédé au groupe Wagner dans plusieurs missions au Mali.


Présenté comme un partenaire important dans la reconquête du territoire et la lutte contre les groupes armés, le dispositif sécuritaire peine, dans des zones comme Ménaka, à empêcher les attaques contre les populations.


La persistance des violences et la capacité des assaillants à frapper des campements civils soulèvent ainsi une question centrale : à quoi sert le renforcement des moyens militaires si les habitants restent exposés aux massacres et contraints d’abandonner leurs terres pour sauver leur vie ?


Le bilan de la stratégie sécuritaire doit cependant aussi être apprécié à l’aune de sa capacité à protéger concrètement les civils, et pas uniquement à travers les opérations militaires annoncées.


Ménaka, symbole d’une insécurité persistante


La région de Ménaka demeure l’un des foyers les plus préoccupants de l’insécurité dans le nord-est du Mali, où les groupes armés djihadistes, notamment l’État islamique au Sahel, affrontent les forces étatiques et des mouvements armés locaux.


Les opérations militaires menées dans cette zone n’ont pas empêché la répétition des attaques meurtrières.


Après les tueries, des habitants ont commencé à rejoindre la ville de Ménaka, faisant craindre une aggravation des besoins humanitaires en matière d’hébergement, de nourriture et de soins.


Le Bureau exécutif de la communauté Daoussahak a appelé à une assistance urgente pour les populations déplacées.


Pour les autorités maliennes et leurs partenaires, l’enjeu ne se limite donc plus à annoncer des offensives contre les groupes armés : il s’agit aussi de démontrer que la stratégie adoptée peut garantir une protection durable aux habitants.


Tant que les civils continueront de payer un prix aussi lourd, les promesses de sécurisation du territoire resteront confrontées à une réalité difficile à ignorer : dans cette partie du Mali, la sécurité demeure loin d’être acquise.

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