Mandat d'arrêt : le procureur spécial réagit ; Kemi Seba riposte
- Towanou Johannes
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L’affaire prend une double tournure, à la fois judiciaire et politique.
Tandis que la justice béninoise affine sa stratégie pour obtenir son extradition, Stellio Gilles Robert Capo Chichi, alias Kémi Séba, contre-attaque depuis Afrique du Sud en déposant une demande d’asile politique.
Arrêté à Pretoria et maintenu en détention, l’activiste se retrouve désormais au cœur d’un bras de fer judiciaire international aux enjeux explosifs.
Le Bénin enclenche la procédure d’extradition
Dans une déclaration officielle, le Procureur spécial près la CRIET, Elonm Mario Metonou, confirme que la justice béninoise est déjà à l’œuvre.
« Le 13 avril 2026, le nommé CAPO CHICHI Stellio Gilles Robert, alias KEMI SEBA, a été arrêté à Pretoria […] pour de multiples infractions aux lois sud-africaines. »

Mais surtout, il rappelle que l’activiste était déjà dans le viseur des autorités judiciaires béninoises :
« L'intéressé […] faisait l'objet de deux mandats d'arrêt délivrés […] par la Commission d'instruction de la CRIET. »
Ces mandats portent sur des faits particulièrement graves :
« Le premier […] porte sur des faits de blanchiment de capitaux. Le second […] concerne des faits d'apologie de crime ainsi que d'incitation à la haine et à la violence. »
Dans la foulée, le parquet spécial a activé la coopération judiciaire avec Pretoria :
« J'ai officiellement saisi les autorités judiciaires […] d'une demande d'arrestation provisoire. »
Objectif affiché : obtenir son maintien en détention en attendant son transfert vers le Bénin.
La demande formelle d’extradition est en cours de préparation, dans le respect des conventions internationales.
Pretoria, théâtre d’une bataille judiciaire
Pendant ce temps, en Afrique du Sud, la procédure suit son cours.
Présenté devant le tribunal de Pretoria le 20 avril 2026, Kémi Séba est poursuivi, à ce stade, pour séjour illégal sur le territoire.

Il a comparu aux côtés de son fils Khonsou Séba Capo Chichi et de François van der Merwe, soupçonné d’avoir facilité une tentative de passage clandestin vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo.
Les enquêteurs évoquent le versement d’environ 250 000 rands pour organiser cette traversée, une version contestée par l’entourage de l’activiste.
La riposte : une demande d’asile politique
Face à la pression judiciaire, Kémi Séba a choisi de contre-attaquer sur le terrain politique et juridique.
Son avocat, Sesedi Phooko, a confirmé le dépôt d’une demande d’asile politique.
« Pour l'instant, nous ne sommes accusés que d'immigration illégale […] Nous contestons également cette accusation, car nous avons déjà déposé une demande d'asile politique dans ce pays. »
Une stratégie qui pourrait bien rebattre les cartes pour le Président de l'ONG Urgences Panafricanistes.
Si cette demande est acceptée, elle pourrait compliquer, voire bloquer, toute procédure d’extradition vers le Bénin.
Un profil sous haute tension
Figure controversée, Kémi Séba traîne derrière lui un passif judiciaire et politique chargé.
Au Bénin, il est notamment accusé d’avoir soutenu la tentative de coup d’État de décembre 2025, qu’il avait publiquement qualifiée de « jour de la libération ».
Opposant déclaré au président Patrice Talon, il s’est illustré ces dernières années par des prises de position radicales, lui valant plusieurs démêlés avec la justice.
Le 29 avril, un tournant décisif
Pour l’heure, Kémi Séba reste en détention en Afrique du Sud.
Le tribunal de Pretoria a fixé au 29 avril 2026 l’examen de sa demande de mise en liberté sous caution.
Entre procédure d’extradition engagée par le Bénin et demande d’asile politique en Afrique du Sud, deux dynamiques s’opposent désormais frontalement.




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