Coup de tonnerre au Niger ! Le Général Abdourahamane Tiani a signé jeudi 14 août 2025 un décret qui radie le juge Abdoul Nasser Bagna Abdourahamane, secrétaire général du Syndicat autonome des magistrats du Niger (SAMAN).
Aucun motif officiel n’a été communiqué, mais l’annonce intervient dans un contexte de tensions extrêmes entre le gouvernement et les magistrats.
Le SAMAN réagit avec force : cette décision est une « dérive autoritaire sans précédent », survenue juste après que le syndicat a exercé son droit de réponse face aux accusations du Ministre de la Justice le 8 août.
Selon le syndicat, le point de presse gouvernemental était « truffé de fausses accusations et de tentatives de discrédit » sur les décisions judiciaires.
La justice nigérienne en état d’alerte maximale
Mais la fronde ne s’arrête pas aux magistrats. L’ensemble des avocats du pays observera une grève totale les 14 et 15 août 2025 pour protester contre la dissolution récente de plusieurs syndicats judiciaires.
Pour l’Ordre des Avocats, cette mesure constitue une attaque directe contre l’indépendance de la justice, pilier déjà fragilisé par des années de tensions institutionnelles.
Cette mobilisation, rare par son ampleur, paralyse procès, audiences et procédures urgentes, envoyant un signal clair au gouvernement : sans justice indépendante, aucun État ne peut fonctionner.
Une mobilisation symbole de résistance
En suspendant toutes leurs activités, magistrats et avocats démontrent que le Niger est plongé dans une crise judiciaire et institutionnelle majeure.
Le mouvement rappelle les grandes mobilisations judiciaires passées qui ont parfois précipité des crises politiques en Afrique, et met le régime Tiani sous pression.
Pour le Gouvernement et le Général Abdourahamane Tiani, cette fronde vient s’ajouter à d'autres fronts de contestation, donnant l’image d’un pouvoir acculé, peinant à contrôler ses propres structures.
Une crise qui pourrait s’aggraver
La grève des avocats et la paralysie de la magistrature pourraient n’être que le premier avertissement.
Si aucune négociation n’aboutit, le mouvement pourrait s’étendre et s’allier à d’autres professions et organisations civiles.
De quoi ouvrir la voie à une confrontation directe entre le gouvernement militaire et la société civile organisée.
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