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Rd Congo: Joseph Kabila, vrai visage de l’AFC-M23, se dévoile enfin

14 hours ago
4 min read

L’ancien président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, est désormais à la tête d’une nouvelle coalition politico-militaire baptisée Front pour la refondation de la nation (FRN).


Annoncée le 12 octobre 2026 à Goma, dans l’est du pays, cette nouvelle structure s’inscrit dans une recomposition de l’opposition armée au pouvoir de Félix Tshisekedi.


Présenté comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC), le FRN rassemble notamment des figures majeures de l’AFC-M23.


Derrière cette nouvelle appellation, une question fondamentale se pose : s’agit-il d’une véritable initiative de refondation nationale ou d’une nouvelle stratégie pour conquérir le pouvoir à Kinshasa par les armes ?


L’AFC cède la place au FRN


Dans une déclaration politique datée du 12 octobre, les initiateurs du FRN annoncent la fin de l’existence de l’Alliance Fleuve Congo et précisent que le nouveau mouvement lui succède.


Cette réorganisation marque une nouvelle étape dans la structuration de la contestation politico-militaire contre les autorités congolaises.


Le document fondateur affirme que le mouvement entend combattre le pouvoir en place « par tous les moyens, y compris la force ».


Une orientation qui soulève de sérieuses interrogations alors que la population de l’est de la RDC continue de payer un lourd tribut aux affrontements armés et aux déplacements forcés.


Kabila, Nangaa, Bisimwa et Makenga aux commandes


Joseph Kabila a été désigné président du FRN par les signataires réunis à Goma les 10 et 11 octobre.


Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa occupent les fonctions de vice-présidents, tandis qu’Emmanuel Sultani Makenga est présenté comme chef d’état-major général de l’Armée révolutionnaire congolaise, avec rang de vice-président.


Cette organisation rapproche davantage l’ancien chef de l’État des responsables politiques et militaires de l’AFC-M23.


Elle soulève également la question de la répartition réelle du pouvoir entre les dirigeants politiques du front et sa branche armée.


Joseph Kabila, une nouvelle ambition politique au prix de quelles conséquences ?


Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019. Son retour au premier plan à travers une coalition politico-militaire liée aux responsables de l’AFC-M23 ouvre une nouvelle séquence dans une carrière politique déjà marquée par de profondes controverses.


L’ancien président, qui a longtemps occupé le sommet de l’État, se retrouve désormais associé à une structure qui revendique ouvertement la possibilité de recourir à la force pour renverser le pouvoir actuel.


Cette évolution appelle une question de responsabilité : comment celui qui a exercé les plus hautes fonctions de la République entend-il contribuer à la reconstruction de l’État en s’inscrivant dans une dynamique de confrontation armée ?


La critique est d’autant plus forte que la RDC n’a pas besoin d’une nouvelle compétition pour le pouvoir menée au prix de la stabilité nationale.


Depuis des décennies, les rivalités politiques, les rébellions et les luttes d’influence contribuent à fragiliser la cohésion du pays.


Dans ce contexte, le choix de Joseph Kabila de prendre la tête d’un front associé à des responsables de l’AFC-M23 peut être perçu par ses détracteurs comme la poursuite d’une logique de division plutôt que comme une démarche de réconciliation nationale.


L’ancien président devra donc répondre à une exigence essentielle : démontrer que son initiative vise réellement l’intérêt général et non le retour aux affaires par une voie militaire.


Le changement de nom ne saurait, à lui seul, effacer les interrogations sur les méthodes, les soutiens et les objectifs de cette coalition.


Un mouvement qui se réclame de la refondation nationale devrait pouvoir expliquer comment il compte protéger les civils, restaurer l’autorité de l’État et mettre fin aux violences sans ouvrir un nouveau cycle de guerre.


En plaçant à sa tête un ancien président et en associant des responsables d’un mouvement armé, le FRN devra convaincre au-delà de ses propres rangs.


La légitimité d’un projet national ne peut reposer uniquement sur la dénonciation du pouvoir en place : elle suppose aussi des engagements crédibles en faveur de la paix, de la souveraineté et de l’unité du pays.


La « libération du pays » comme justification


Les initiateurs du FRN présentent leur démarche comme une réponse à la situation politique et sécuritaire de la RDC.


Claude Ibalanky, ancien ambassadeur itinérant de Félix Tshisekedi, est cité dans les déclarations entourant cette initiative.


Selon le texte attribué aux initiateurs,


« les initiateurs ont décidé de mutualiser leurs forces, ressources et moyens afin de créer un cadre d’action au travers duquel tous les Congolais, à l’unisson, vont entreprendre l’œuvre de la libération de leur pays ».

Le document invoque également l’article 64 de la Constitution congolaise pour justifier la création du mouvement.


Mais cette référence constitutionnelle ne règle pas, à elle seule, les questions soulevées par le recours annoncé à la force.


L’invocation de la libération nationale ne dispense pas les acteurs politiques et militaires de répondre de leurs actes ni de respecter les obligations qui leur incombent en matière de protection des populations civiles.


Un nouveau front, mais toujours les mêmes interrogations


La création du FRN intervient alors que les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’est de la RDC restent confrontés à d’importantes difficultés.


Des experts des Nations unies avaient déjà évoqué, dans leurs analyses de l’AFC-M23, les ambitions politiques de certains dirigeants et des divergences sur l’étendue des opérations militaires à mener.


La nouvelle organisation ne permet pas encore de conclure que ces désaccords ont été résolus ni que les objectifs militaires du mouvement ont changé.


Au-delà des déclarations et des nouvelles appellations, les Congolais attendent des réponses concrètes : quelle place sera accordée au dialogue, quelles garanties seront données aux populations affectées par la guerre et quelle sera la position du FRN sur les soutiens extérieurs mis en cause dans le conflit ?


Pour Joseph Kabila, le défi est désormais de prouver que la « refondation » annoncée ne constitue pas simplement un nouvel habillage politique d’une confrontation armée.


Car la RDC ne peut durablement se reconstruire si chaque nouvelle ambition de conquête du pouvoir se traduit par davantage d’incertitude, de divisions et de souffrances pour sa population.

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