Société de Radio et Télévision du Bénin: la grogne s'intensifie
- Towanou Johannes
- 1 day ago
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La Société de Radio et Télévision du Bénin, ex-ORTB, traverse une phase de bouleversements majeurs. Entre départs annoncés, réorganisation interne, tensions sociales et projets de démolition, la réforme en cours alimente de fortes inquiétudes sur l’avenir du service public audiovisuel.
Vague de départs et incertitudes internes
Selon des informations concordantes, la Directrice générale, Angela Aqereburu Rabatel, a informé plusieurs collaborateurs qu’ils ne feraient plus partie des effectifs à compter du 1er mars 2026, en raison d’un critère d’âge fixé à 55 ans et plus.
Une trentaine d’agents seraient concernés, parmi lesquels plusieurs figures historiques du paysage audiovisuel béninois.
Des sources internes évoquent également la préparation d’une autre liste de licenciements économiques, ce qui renforce le climat d’incertitude au sein de l’entreprise.
Fermeture de Radio Parakou et restructuration territoriale
La radio régionale de Parakou devrait cesser d’émettre le 31 mars 2026. Le personnel est invité à rejoindre Cotonou, certains agents ayant déjà été redéployés.
Cette décision soulève des interrogations sur la couverture médiatique régionale et sur la mission de proximité du service public.
Dans le cadre d’un projet d’aménagement urbain, les bâtiments abritant Radio Bénin et la direction générale seraient appelés à être démolis pour permettre la construction d’infrastructures de stationnement au sein de la cité ministérielle.
Le Centre de formation professionnelle situé en face de la SONEB serait également concerné par une opération similaire.
Conditions de travail dénoncées
La situation sociale était déjà sous tension avant ces annonces. Le secrétaire général du Syntrab, Armel Dossou Kago, avait alerté plusieurs fois depuis 2024 sur des difficultés structurelles.
Entre autres, absence de renouvellement des assurances du personnel, manque d’effectifs aggravé par la non-reconduction de certains contrats, faibles budgets de production et pénurie de fournitures de bureau.
Ces éléments nourrissaient déjà le sentiment d’une dégradation progressive des conditions de travail au sein du média public.
Les centrales syndicales montent au créneau
La contestation s’élargit désormais à plusieurs organisations syndicales nationales.
Dans une déclaration commune, CSA-Bénin, CGTB et UNSTB dénoncent des décisions qu’elles jugent contraires au droit du travail.
Les centrales affirment que certaines procédures internes n’ont pas été respectées, créant selon elles des situations injustes pour les employés.
Elles exigent la révision des décisions contestées et réclament l’ouverture immédiate d’un dialogue avec la direction afin de prévenir une aggravation de la crise sociale.
Les organisations syndicales préviennent qu’elles suivront de près l’évolution du dossier et se réservent la possibilité d’actions supplémentaires pour défendre les travailleurs.
Une réforme aux conséquences lourdes
L’ensemble de ces évolutions intervient dans un contexte de restructuration des entreprises publiques.
Toutefois, la montée des tensions sociales posent la question de la capacité de l’audiovisuel public à remplir durablement sa mission.
En l’absence de communication officielle détaillée sur les mesures d’accompagnement des agents concernés et sur les garanties de continuité du service, l’avenir de la SRTB reste au cœur d’un débat mêlant gouvernance, emploi et rôle du service public médiatique.




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