Togo: Faure Gnassingbé n'est plus président; tout savoir sur son remplaçant
- Towanou Johannes
- May 3
- 3 min read

Ce 3 mai 2025 marque un tournant historique pour le Togo. À cette date s'est achevé le quatrième mandat présidentiel de Faure Essozimna Gnassingbé.
Mais plutôt que de céder la place à un successeur élu au suffrage universel, c’est un changement de régime qui s’est opéré.
Le pays entre officiellement dans la Ve République, instaurée par une nouvelle Constitution promulguée en mai 2024.
Désormais régi par un système parlementaire, le Togo s’est doté d’un nouveau Président de la République : Jean-Lucien Sanvee de Tové, élu ce 3 mai.
Faure Gnassingbé, lui, devient Premier Président du Conseil des ministres, conformément à l’article 47 de la nouvelle loi fondamentale.
Une redistribution du pouvoir en apparence… mais qui maintient les équilibres établis depuis deux décennies.
Du suffrage universel au choix parlementaire
Le passage à un régime parlementaire met officiellement fin à l’élection directe du chef de l’État par le peuple.
C’est désormais le Parlement qui désigne le Président de la République. Cette réforme, adoptée sans référendum, a suscité de vives critiques de l’opposition et de certains acteurs de la société civile, qui dénoncent un glissement institutionnel non légitimé par une consultation populaire.
En vertu de cette nouvelle architecture, le Président de la République exerce un rôle protocolaire, pendant que le vrai pouvoir revient au président du Conseil des ministres.

Ainsi, Faure Gnassingbé demeure l’homme fort du système, mais sous un autre titre.
Pour beaucoup, ce basculement reste largement formel, tant les leviers du pouvoir demeurent entre les mêmes mains.
Lucien Sanvee de Tové : un président symbolique ?
L’élection de Jean-Lucien Sanvee de Tové à la présidence de la République peut être lue comme une volonté d’apaisement.

Âgé de 85 ans, figure respectée de la scène politique, ancien ministre et témoin de plusieurs régimes, il représente un certain consensus national.
Il a notamment été un acteur clé de la Conférence nationale souveraine de 1991, ce qui lui confère une légitimité morale.
Mais cette stature historique suffit-elle à faire de lui un contrepoids institutionnel réel ? Peu probable.
Son élection semble répondre à un impératif de stabilité : faire émerger un président qui rassure, tout en laissant intact l’appareil du pouvoir concentré autour de Faure Gnassingbé.
La sortie discrète de Victoire Tomegah Dogbé
Dans ce contexte de reconfiguration institutionnelle, Victoire Tomegah Dogbé, première femme à avoir dirigé un gouvernement togolais, a annoncé sa démission la veille, saluant la transition en cours.
Dans un message empreint d’émotion, elle affirme :
« Être la première femme à la tête du gouvernement, dans une période aussi déterminante pour notre pays, fut un privilège immense. […] Merci au Président Faure Essozimna Gnassingbé pour sa confiance, et ses orientations éclairées. »









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