Un Etat africain piégé dans les griffes russes: l'accord de la honte
- Towanou Johannes
- Jul 22
- 4 min read

La République centrafricaine vit un moment charnière. Le président Faustin-Archange Touadéra est confronté à une décision cruciale : signer ou non un contrat imposé par la Russie pour officialiser le remplacement du groupe Wagner par une nouvelle structure paramilitaire, Africa Corps. Cette opération, loin d’être une simple transition de personnel, cache des enjeux financiers, militaires et stratégiques d'une ampleur sans précédent. Selon un document confidentiel présenté comme un "protocole additionnel", le ministère russe de la Défense réclame 15 millions de dollars par mois, soit environ 9 milliards de francs CFA mensuels, en échange des services d’Africa Corps. Une somme vertigineuse, à régler en espèces ou dans une « devise convertible », qui représenterait près de 40 % du budget annuel de l’État centrafricain en 2025. Sur un an, cela représenterait 180 millions de dollars, soit environ 108 milliards de francs CFA. Un gouffre budgétaire qui menace l’équilibre des finances publiques d’un pays déjà fragilisé.
Une pression diplomatique implacable
Malgré de nombreuses tentatives de négociation, la partie russe reste ferme.
Le ministre de la Défense Andreï Beloussov est chargé de signer le contrat côté russe.
Son vice-ministre, Iounous-bek Evkourov, a rencontré à plusieurs reprises Claude Rameaux Bireau, ministre centrafricain de la Défense, tant à Moscou qu’à Bangui. Mais leurs relations sont tendues.

Evkourov reproche à Bangui un manque de clarté dans ses engagements et soupçonne une volonté de retarder le processus.
Il a même invoqué des motifs considérés comme fallacieux, notamment le manque de logements pour les soldats d’Africa Corps, pour justifier certains blocages.
Pour faire monter la pression, Moscou a convoqué Claude Rameaux Bireau en mai dernier, espérant obtenir des garanties.
Le calendrier est désormais serré : l’ultimatum court jusqu’à la fin août. Si Bangui ne signe pas, la Russie pourrait reconsidérer sa présence militaire en Centrafrique, ouvrant un vide sécuritaire potentiellement déstabilisant.
Un contrat à plusieurs facettes
Au-delà du montant astronomique, le contrat avec Africa Corps implique une série d'engagements :
la lutte contre le terrorisme et les groupes armés,
la protection rapprochée des autorités,
l’entretien et la sécurisation des infrastructures stratégiques,
la formation des forces centrafricaines,
l’équipement des bases militaires.









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