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Accusations de Tiani: le Bénin et la Côte d’Ivoire répondent au putschiste

Patrice Talon et Alassane Ouattara © Présidence ivoirienne
Patrice Talon et Alassane Ouattara © Présidence ivoirienne

Les accusations lancées par le général Abdourahamane Tiani contre plusieurs chefs d’État de la sous-région continuent de produire leurs effets.


Après les propos virulents du chef du régime nigérien, mettant nommément en cause le président béninois Patrice Talon, ivoirien Alassane Ouattara, et français Emmanuel Macron, Cotonou et Abidjan ont, chacun à leur manière, réagi.


Deux réponses différentes dans la forme, mais convergentes sur le fond : le rejet catégorique d’accusations jugées infondées, dangereuses et contraires aux usages diplomatiques.


Une attaque désormais revendiquée par l’État islamique


Un élément majeur est pourtant venu bouleverser le récit officiel de Niamey.


Le vendredi 30 janvier 2026, le groupe jihadiste État islamique a revendiqué l’attaque menée contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, survenue dans la nuit du mercredi 29 janvier.


L’information a été rapportée par le site spécialisé Site Intelligence Group, qui surveille les communications des organisations extrémistes.


Dans un message diffusé par Amaq, organe de propagande de l’État islamique, le groupe affirme être directement à l’origine de l’opération et évoque des « dégâts significatifs ».


Cette revendication s’inscrit dans la logique des actions menées depuis plusieurs années par l’État islamique au Sahel, et plus particulièrement contre des cibles militaires stratégiques.


Une revendication qui contredit frontalement la version de Tiani


Cette revendication rend encore plus fragile la sortie du général Abdourahamane Tiani, qui avait parlé de « mercenaires téléguidés » et accusé des dirigeants étrangers d’en être les sponsors.


Aucun élément public ne permet d’établir un lien entre une attaque revendiquée par l’État islamique et un prétendu complot impliquant Paris, Cotonou ou Abidjan.


Selon les autorités nigériennes elles-mêmes, les combats auraient duré près d’une heure, avec 20 assaillants neutralisés, quatre militaires blessés et onze suspects interpellés, tandis que des images satellites montrent des zones calcinées et des bâtiments endommagés près de la piste.


Tous ces éléments correspondent davantage à une opération jihadiste classique qu’à une action de mercenaires instrumentalisés par des États voisins.


Le Bénin choisit la parole mesurée et l’ironie politique


À Cotonou, c’est le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, qui est monté au créneau.


Sans agressivité verbale, mais avec une fermeté assumée, il a tenu à replacer les déclarations du général Tiani dans ce qu’il considère être leur véritable registre : celui de la diversion politique.


Dans une métaphore longuement développée, il a déclaré :

« Lorsque vous êtes premier de la classe, qu’est-ce qui se passe souvent ? Il y a parmi vos camarades ceux qui aimeraient vous déloger de la première place. Il y a ceux qui vous jalousent, parce qu’ils ne savent pas qu’être premier de la classe, ça vous coûte des nuits de sommeil, ça vous demande beaucoup d’efforts. »

Avant d’assumer, sans fausse modestie, le positionnement du Bénin dans la sous-région :


« Grâce à notre travail collectif, le Bénin aujourd’hui, toute proportion gardée, mais sans fausse modestie, on peut dire que nous sommes premiers de la classe. »

Selon lui, cette position ne fait « pas que des heureux », mais elle s’impose dans les faits, notamment en matière de stabilité, d’attractivité et d’image internationale.


Plus révélateur encore, le porte-parole du gouvernement béninois a souligné que les accusations du régime nigérien ne convainquent même pas les Nigériens eux-mêmes :


« Même ses concitoyens sur les réseaux disent ne pas y croire. Les Nigériens disent : non, ça suffit, laissez le petit Bénin tranquille. Nous, on sait que les Béninois sont nos frères, nos amis. »

Le Bénin, a-t-il insisté, ne sous-estime aucune menace, mais refuse de s’enliser dans des polémiques stériles :


« Nous ne prendrons aucune menace à la légère. Mais nous n’aurons pas de temps à perdre sur des questions ou avec des gens dont la seule vocation est de nous empêcher d’avancer. »

La Côte d’Ivoire opte pour la voie diplomatique et la fermeté institutionnelle


À Abidjan, la réponse a été plus formelle. Dans un communiqué officiel du ministère d’État, ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, les autorités ivoiriennes ont annoncé la convocation de l’ambassadeur du Niger en Côte d’Ivoire, le vendredi 30 janvier 2026.


Cette convocation fait suite à :


« des propos graves tenus récemment par les plus hautes autorités nigériennes à l’endroit de Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire ».

Le gouvernement ivoirien a exprimé sa vive indignation et condamné avec la plus grande fermeté des déclarations qui :


« contreviennent aux usages diplomatiques et portent une atteinte grave à l’honneur et à la dignité du Chef de l’État, ainsi qu’au peuple ivoirien ».

Tout en réaffirmant son attachement au dialogue et à la paix dans la sous-région, Abidjan a posé une limite claire, annonçant avoir remis une note de protestation formelle à l’ambassadeur nigérien et se réservant le droit de tirer toutes les conséquences nécessaires.


Un isolement diplomatique aggravé par un récit intenable


La revendication de l’attaque par l’État islamique accentue l’isolement politique et diplomatique du régime de Niamey.


En persistant à désigner des ennemis extérieurs malgré des éléments factuels contraires, le pouvoir nigérien s’expose à une perte de crédibilité, tant sur le plan régional qu’international.


Ni le Bénin ni la Côte d’Ivoire n’ont cédé à l’invective. L’un a répondu par le calme, la dérision et l’assurance de ses acquis ; l’autre par le droit diplomatique et la protestation officielle.


La réalité est désormais claire : une attaque revendiquée par l’État islamique ne peut être imputée à des chefs d’État voisins sans preuve, et encore moins servir de prétexte à une escalade verbale.


À mesure que les contradictions s’accumulent, la question demeure entière : jusqu’où le régime du général Tiani poursuivra-t-il cette fuite en avant rhétorique, et combien de temps pourra-t-il encore détourner l’attention de la véritable menace jihadiste qui frappe le Niger au cœur même de sa capitale ?

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