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Niger: Tiani menace Patrice Talon, Emmanuel Macron et Alassane Ouattara

Abdourahamane Tiani / Président du Niger
Abdourahamane Tiani / Président du Niger

Au lendemain de violents tirs et d’explosions signalés aux abords de l’aéroport international Diori Hamani de Niamey, le général Abdourahamane Tiani est sorti de son silence par une déclaration solennelle.


Une prise de parole qui se voulait rassurante, martiale et souverainiste, mais qui, à l’analyse, soulève davantage de questions qu’elle n’apporte de réponses.


Dès les premières secondes, le chef du régime militaire a livré sa version des faits :

« Comme vous le savez, tôt ce matin, la base aérienne ou l’aéroport international d’Irouamane de façon plus large a fait l’objet d’une tentative d’infiltration par des mercenaires, des mercenaires téléguidés. »

Une affirmation lourde de sens, mais dépourvue du moindre élément factuel vérifiable.


Aucun bilan officiel détaillé, aucune identité, aucune provenance précise, aucun élément matériel n’a été présenté pour étayer l’existence de ces supposés « mercenaires téléguidés ».


Une menace commode, mais jamais démontrée


Depuis le coup d’État de 2023, la figure du « mercenaire » est devenue un ressort récurrent du discours officiel.


Elle permet d’expliquer toute faille sécuritaire par une main invisible extérieure, évitant ainsi toute remise en cause interne.


Or, dans un contexte où le Niger fait face à une insécurité chronique, notamment jihadiste, cette explication apparaît de plus en plus comme une simplification abusive, voire une diversion politique.


Le général Tiani affirme pourtant une réaction éclair :

« Réaction qui a permis dans les 20 minutes qui suivent de mettre l’ennemi totalement en déroute. Certains sont neutralisés sur le champ, d’autres ont été neutralisés dans leur panique déroute. »

Là encore, aucune précision. Combien d’assaillants ? Où ? Avec quels moyens ?


Et surtout, comment expliquer que des tirs nourris, des explosions, des flammes visibles à plusieurs kilomètres et des véhicules calcinés aient plongé une partie de la capitale dans la panique pendant près de deux heures si la menace avait été neutralisée en vingt minutes ?


La communication officielle : ce que dit le ministère de la Défense


Un communiqué signé du ministre de la Défense, le général Salifou Modi, apporte un cadre factuel un peu plus tard :

« Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, aux environs de 0h20, un groupe de mercenaires télécommandés a attaqué la base aérienne 101 de Niamey… Le dispositif de sécurité de la base aérienne, appuyé par les forces de défense et de sécurité de la ville de Niamey, a permis de repousser vaillamment cette attaque. Malheureusement, quatre militaires ont été blessés et du matériel endommagé, dont un stock de munitions, qui a pris feu. Dans leur fuite, les terroristes ont tiré à la sauvette sur trois aéronefs civils… La riposte aéroterrestre a permis la neutralisation de vingt mercenaires et l’arrestation de onze autres, avec récupération d’un important matériel de guerre et des motocyclettes. »

Le communiqué félicite les forces armées et remercie la population pour son soutien.


Mais, derrière ces chiffres et louanges, la question demeure : comment un site stratégique comme la base aérienne principale du pays a-t-il pu être vulnérable à ce point ?

Une sécurité sous contrôle… vraiment ?


La mention explicite des « partenaires russes » dans la déclaration du général Tiani n’est pas anodine.


Elle confirme leur rôle direct dans la sécurisation de sites stratégiques, au cœur même de la capitale.


Une réalité qui tranche avec le discours officiel de souveraineté totale et pose une question centrale : si l’État est réellement maître de sa sécurité, pourquoi cette dépendance opérationnelle ?


Plus troublant encore, l’incident s’est produit sur un site ultrasensible : un aéroport international, base aérienne et quartier général de la force conjointe de l’AES, situé à quelques kilomètres du palais présidentiel.


Un tel événement, dans n’importe quel État stable, constituerait une alerte majeure sur l’état réel du dispositif sécuritaire.


Des accusations spectaculaires et dangereuses


Le moment le plus saisissant de la déclaration intervient lorsque le général Tiani désigne nommément des dirigeants étrangers :

« Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara… »

Ces accusations graves sont lancées sans la moindre preuve publique.


Elles participent à une escalade verbale aux conséquences diplomatiques lourdes pour un Niger déjà isolé.


Loin de renforcer la position du pays, ce type de discours nourrit une logique de confrontation permanente, où toute critique ou défaillance devient le produit d’un complot extérieur.


La formule finale du général se veut brave :

« Nous les avons suffisamment écoutés aboyer qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir. »

Mais derrière la rhétorique guerrière, une réalité s’impose : deux ans après la prise de pouvoir par les militaires, l’insécurité persiste, les attaques se multiplient et même la capitale n’est plus épargnée.


Rugir pour masquer les fissures


Ce que révèle cette déclaration, ce n’est pas la force d’un régime sûr de lui, mais l’inquiétude d’un pouvoir sur la défensive, contraint de multiplier les ennemis imaginaires pour ne pas affronter ses propres échecs.


La communication officielle s’enferme dans l’invective et la posture, laissant la population face à une insécurité tangible et persistante.


Les tirs près de l’aéroport de Niamey ne sont pas seulement un incident sécuritaire : ils sont le miroir brutal d’un régime confronté à ses propres contradictions et à ses propres démons.

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