Affaire Touré: une consœur accuse Anicette Konan de salir la femme
- Towanou Johannes
- 1 day ago
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La sortie du livre Mon combat de femme contre un pervers narcissique par la journaliste Anicette Konan continue de provoquer un malaise profond dans le paysage médiatique ivoirien. Après plusieurs réactions sur les réseaux sociaux, c’est Fathim Kamara Berthé, animatrice, journaliste TV/Radio et ancienne figure du groupe RTI, qui a livré l’une des prises de parole les plus sévères et les plus détaillées depuis le début de cette affaire mêlant Anicette Konan et l’ex-footballeur Yaya Touré.
« Quelque chose me chagrine profondément »
Dès l’entame de son intervention, Fathim Kamara Berthé dit son trouble. Un malaise personnel mais surtout professionnel.

Elle explique vouloir aborder deux aspects : la forme et le fond. Et selon elle, le premier pose déjà un sérieux problème.
Se revendiquant journaliste, ancienne présentatrice et ex-collaboratrice du groupe RTI, elle rappelle que le journal télévisé est un exercice d’exigence, qui impose rigueur rédactionnelle, organisation de l’information, diction, élocution et tenue à l’antenne.
« Je parle en tant que journaliste, en tant que consœur, et en tant que quelqu’un qui a travaillé au sein de la RTI. On ne tire pas sur l’ambulance, on ne tire pas sur sa sœur… mais la sortie d’Anicette, vraiment, je ne sais pas. »
Une critique sévère sur la qualité journalistique
Fathim Kamara Berthé se montre particulièrement critique sur la qualité des prises de parole publiques d’Anicette Konan.
Elle évoque un français approximatif, une diction qu’elle juge faible et une posture qu’elle estime incompatible avec le statut revendiqué de présentatrice de journal télévisé.
Selon elle, ces insuffisances ne sont pas anecdotiques : elles portent atteinte à l’image de toute une profession.
« Une journaliste doit avoir une tenue, une diction, une élocution, un minimum de charisme quand elle s’exprime. Là, ça fait honte à la corporation. »
Elle insiste sur le fait que même les stagiaires accueillis à la RTI sont soumis à des standards linguistiques stricts avant de passer à l’antenne.
Yaya Touré interpellé, mais sans exonération
Dans sa sortie, Fathim Kamara Berthé ne dédouane pas pour autant Yaya Touré.
Elle rappelle que l’ancien international ivoirien est un homme marié, père de famille, et estime qu’il aurait dû faire preuve de retenue et de responsabilité.
Elle évoque son épouse, Gineba Touré, qu’elle décrit comme une femme accomplie, et s’interroge sur la nécessité d’aller chercher ailleurs ce qui existe déjà dans le foyer.
Mais pour elle, cette responsabilité masculine ne saurait effacer les incohérences qu’elle attribue à Anicette Konan.
Un combat féministe « biaisé » selon elle
Se déclarant ouvertement féministe, Fathim Kamara Berthé insiste sur un point central : le combat pour les droits des femmes ne doit pas être dévoyé.
Elle s’indigne que des thématiques aussi graves que les violences basées sur le genre (VBG) soient invoquées dans un contexte qu’elle juge inapproprié, rappelant des drames réels et tragiques qui, selon elle, auraient mérité une couverture médiatique bien plus engagée.
« Il ne faut pas biaiser le combat des femmes. Moi, je suis féministe. Mais c’est difficile de te défendre avec la qualité de tes sorties. »
Le livre au cœur de la controverse
C’est sur le contenu du livre annoncé que la critique devient la plus dure.
Fathim Kamara Berthé remet en cause la qualité littéraire, la cohérence narrative et l’absence manifeste de relecture professionnelle.
Elle évoque des fautes, des ruptures de point de vue, une écriture qu’elle juge confuse, et estime qu’un ouvrage publié au nom d’un combat aussi sérieux aurait dû respecter un minimum d’exigence intellectuelle et éditoriale.
Selon elle, publier un tel livre sans encadrement éditorial revient à manquer de respect aux lecteurs, mais aussi aux jeunes générations à qui l’on demande de lire et de s’instruire.
Une sortie qui fracture durablement
En conclusion, Fathim Kamara Berthé estime que cette affaire dépasse largement le cadre d’un différend personnel.
À ses yeux, elle engage l’image de la Maison Bleue (RTI), celle de la corporation des journalistes, et plus largement celle des femmes professionnelles des médias.
Une prise de position radicale, assumée, qui confirme que l’affaire Anicette Konan – Yaya Touré est désormais devenue un débat de société, où se croisent éthique, responsabilité médiatique, féminisme et crédibilité professionnelle.









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