Bénin/hausse du coût de l'internet: l'État s'explique sans convaincre

La colère ne retombe pas. Depuis la suppression des forfaits internet illimités de 5.000 FCFA et 10.000 FCFA chez MTN Bénin et Moov Africa Bénin, les critiques se multiplient sur les réseaux sociaux.
Étudiants, entrepreneurs, travailleurs, créateurs de contenus ou simples internautes dénoncent une hausse qu'ils jugent excessive et sans aucune communication préalable.
Face à la polémique, le gouvernement est enfin sorti de son silence. Mais ses explications sont loin d'avoir rassuré l'opinion.
« Je découvre comme vous »
Interrogé sur la flambée des tarifs de l'internet mobile, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a surpris plus d'un en affirmant avoir découvert la situation en même temps que les Béninois.
« Je découvre comme vous », a-t-il déclaré au micro de BIP Radio.
Une réponse qui suscite l'incompréhension. Comment une décision touchant des millions d'abonnés peut-elle intervenir sans que le gouvernement ne soit pleinement informé de ses implications ?
C'est la question que se posent de nombreux internautes.
Le ministre a néanmoins expliqué que si cette nouvelle grille tarifaire est entrée en vigueur, c'est qu'elle résulte nécessairement de discussions entre l'Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) et les opérateurs de téléphonie mobile.
Des forfaits plus chers, des consommateurs en colère
Dans les faits, les changements sont bien réels. Les forfaits internet illimités à 5.000 FCFA et 10.000 FCFA ont disparu des offres commerciales des deux opérateurs.
Le premier forfait illimité est désormais proposé à 15.100 FCFA pour 30 jours, soit une augmentation importante qui oblige de nombreux utilisateurs à revoir leur budget consacré à la connexion internet.
Pour beaucoup de Béninois, cette hausse intervient dans un contexte économique déjà difficile.
L'accès à internet est devenu indispensable pour les études, le télétravail, les démarches administratives, le commerce en ligne, les services financiers mobiles et la communication quotidienne.
Son renchérissement est donc perçu comme une pression supplémentaire sur le pouvoir d'achat.
Le gouvernement promet la protection des consommateurs
Face aux critiques, Wilfried Léandre Houngbédji assure que les intérêts des consommateurs auraient été pris en compte au cours des discussions ayant conduit à cette réorganisation des offres.
« D'une formule à l'autre, celles qui ont été abandonnées par rapport à celles qui seraient retenues, il y aura forcément la prise en compte des intérêts des consommateurs et ce sera toujours le plus important », a-t-il affirmé.
Une déclaration qui peine cependant à convaincre.
Beaucoup estiment qu'il est difficile de parler de protection des consommateurs lorsque les offres les plus accessibles disparaissent au profit de formules nettement plus coûteuses.
Une communication qui laisse plusieurs questions sans réponse
Au-delà de la polémique, plusieurs interrogations demeurent.
Quelles sont les véritables raisons de cette hausse ? S'agit-il d'une décision des opérateurs ou d'une orientation validée par le régulateur ?
Des études d'impact ont-elles été réalisées avant la mise en œuvre de ces nouveaux tarifs ?
Et surtout, quels mécanismes permettront de garantir un internet accessible au plus grand nombre ?
Autant de questions auxquelles ni les opérateurs, ni l'ARCEP, ni le gouvernement n'ont encore apporté de réponses détaillées.
Une attente forte des consommateurs
Alors que la transformation numérique constitue l'un des axes majeurs du développement du Bénin, de nombreux citoyens espèrent désormais davantage de transparence sur ce dossier.
Pour eux, l'accès à internet ne relève plus du confort, mais d'un besoin essentiel.
En attendant d'éventuelles clarifications de l'ARCEP ou des opérateurs, une chose est certaine : la sortie du gouvernement n'a pas suffi à calmer la grogne.
Au contraire, elle a nourri un sentiment d'incompréhension chez de nombreux consommateurs, qui attendent désormais des explications plus concrètes que des assurances de principe.




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