Bénin: un policier devant la Criet pour avoir aidé l'ex de Kemi Seba
- Towanou Johannes
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Une nouvelle affaire liée à l'environnement de Kemi Seba vient de refaire surface devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Cette fois, ce n'est ni l'activiste panafricaniste ni son ancienne compagne qui comparaissent devant la juridiction spéciale, mais un policier béninois poursuivi pour abus de fonction.
Il lui est reproché d'avoir facilité, contre rémunération, le voyage de Natou Pedro Sakombi à l'aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou.
Un policier poursuivi pour une aide présumée contre rémunération
À l'audience du mardi 14 juillet 2026, le fonctionnaire de police a répondu des faits d'abus de fonction.
Selon les éléments présentés devant la CRIET, il aurait été sollicité afin de faciliter le départ de Natou Pedro Sakombi vers la Belgique.
Ceci, alors que cette dernière craignait de rencontrer des difficultés au moment des formalités de sortie du territoire.
Le ministère public soutient que cette intervention aurait été effectuée en échange d'une contrepartie financière.
Considérant les faits suffisamment établis, le parquet a requis une peine de vingt-quatre mois d'emprisonnement, dont douze mois fermes. La décision de la Cour est attendue le 20 octobre 2026.
Le voyage de Natou Pedro Sakombi au cœur des débats
Les débats ont permis d'éclairer les circonstances de cette affaire. Selon les informations évoquées à l'audience, Natou Pedro Sakombi devait regagner la Belgique, dont elle possède la nationalité.
Son visa béninois étant arrivé à expiration, elle aurait pensé ne plus pouvoir quitter le territoire.
C'est dans ce contexte que Kemi Seba aurait pris contact avec le policier aujourd'hui poursuivi afin qu'il facilite les démarches de son ancienne compagne à l'aéroport.
Or, les éléments du dossier indiquent que cette assistance n'aurait, en réalité, pas été nécessaire.
En tant que ressortissante belge quittant le Bénin pour regagner son pays de résidence, elle pouvait voyager avec son passeport, malgré l'expiration de son visa.
C'est précisément cette intervention jugée injustifiée qui vaut aujourd'hui au policier de comparaître devant la CRIET.
Une affaire qui prolonge un feuilleton judiciaire déjà chargé
Ce nouveau dossier s'inscrit dans une série de procédures ayant placé l'entourage de Kemi Seba sous les projecteurs de la justice béninoise.
Fin 2025, Natou Pedro Sakombi avait elle-même été interpellée puis présentée devant la CRIET.
Après plusieurs jours de garde à vue, elle avait été remise en liberté sous convocation tout en restant poursuivie pour des faits de blanchiment de capitaux, de contrebande et de fraude fiscale.
La défense avait alors dénoncé une procédure qu'elle estimait irrégulière.
Dans le même temps, Kemi Seba faisait déjà l'objet de plusieurs mandats d'arrêt émis par la justice béninoise.
Ceci, notamment pour des accusations de blanchiment de capitaux, d'apologie de crimes contre la sûreté de l'État ainsi que d'incitation à la haine et à la violence.
Quelques mois plus tard, il était arrêté en Afrique du Sud avant d'être au centre d'une procédure d'extradition très médiatisée.
Un dossier distinct, mais aux répercussions sensibles
Contrairement aux précédentes procédures, l'affaire examinée cette semaine ne porte pas directement sur les poursuites engagées contre Kemi Seba ou son ancienne compagne.
Elle vise exclusivement le comportement présumé d'un agent public dans l'exercice de ses fonctions.
Pour la justice, il s'agit désormais de déterminer si le policier a effectivement abusé de son autorité en intervenant dans une situation où aucune assistance particulière n'était requise et si cette intervention a été motivée par un avantage financier.
Le verdict attendu le 20 octobre prochain permettra de dire si les éléments réunis par l'accusation suffisent à établir sa responsabilité pénale.
En attendant, cette nouvelle audience démontre que les ramifications judiciaires autour de Kemi Seba continuent de produire des effets bien au-delà de la personne de l'activiste.
De quoi toucher désormais des agents de l'État soupçonnés d'avoir facilité certaines démarches de son entourage.




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