Mandat 3 de Félix Thisekedi; la Cour Constitutionnelle dit...
- Towanou Johannes
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La République démocratique du Congo entre dans une nouvelle séquence politique particulièrement sensible.
Le mardi 28 juillet 2026, la Cour constitutionnelle a validé la loi fixant les conditions d'organisation d'un référendum.
Une décision qui pourrait permettre au président Félix Tshisekedi d'engager un processus de révision de la Constitution.
Cette étape relance avec force le débat sur l'éventualité d'un troisième mandat présidentiel, alors que le texte fondamental du pays limite actuellement le chef de l'État à deux mandats.
La Cour juge la loi conforme à la Constitution
À l'issue de l'examen du texte, le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Kamuleta Badibanga, a annoncé à la télévision nationale que la haute juridiction avait déclaré « conforme à la Constitution » la loi fixant les conditions du référendum.
Cette validation constitue un jalon majeur pour le pouvoir. Elle ouvre la possibilité, selon les dispositions prévues par cette nouvelle loi, d'engager une procédure de modification de la Constitution par la mise en place d'une assemblée constituante.
Ceci, avant une éventuelle consultation populaire en cas de « dysfonctionnement majeur » des institutions.
Le texte attend désormais sa promulgation par le président Félix Tshisekedi avant de pouvoir entrer officiellement en vigueur.
Un projet qui divise profondément la classe politique
Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle s'est progressivement installé depuis le début de l'année 2026.
Entre février et mars, plusieurs constitutionnalistes ainsi que des responsables de la majorité présidentielle ont estimé que la Constitution de 2006 ne répondait plus aux réalités actuelles du pays.
En mai, Félix Tshisekedi avait entretenu les spéculations en déclarant : « Je n'ai pas sollicité de troisième mandat. Mais si le peuple le souhaite, j'accepterai. »
Quelques semaines plus tard, en juin, le Parlement adoptait la proposition de loi portée par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, fixant le cadre juridique d'un référendum constitutionnel.
Mais cette perspective suscite une vive opposition. Le 12 juin, une manifestation organisée à Kinshasa contre un éventuel troisième mandat avait été dispersée par les forces de l'ordre.
Selon les Nations Unies, ces affrontements avaient fait plusieurs blessés ainsi qu'au moins un mort.
Le 28 juillet, de nouvelles mobilisations ont été signalées, notamment à Goma et Bukavu, où des milliers de manifestants ont brandi des pancartes portant les slogans : « Non au changement constitutionnel » et « Non à un référendum et à un troisième mandat ».
Le gouvernement dénonce une instrumentalisation par le M23
Face à ces manifestations, le gouvernement congolais défend une tout autre lecture des événements.
Dans une publication sur le réseau social X, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a accusé les rebelles du M23, soutenus selon Kinshasa par le Rwanda, d'orchestrer les rassemblements dans les zones sous leur contrôle.
« Billets de banque, menaces, intimidations... la méthode plusieurs fois recyclée du père, Rwanda, et du fils, M23, est pourtant de stricte application ce matin dans les parties du pays sous occupation », a-t-il écrit.
Dès propos qui laissent penser que des populations auraient été contraintes de participer aux manifestations.
Une Constitution qui verrouille le nombre de mandats
Le débat est d'autant plus explosif que la Constitution congolaise de 2006 prévoit clairement une limitation du pouvoir présidentiel.
Son article 220 dispose notamment que « le nombre et la durée des mandats du Président de la République » ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle.
En l'état actuel du texte, le chef de l'État est donc limité à deux mandats de cinq ans.
Élu une première fois en 2018 puis réélu en 2023, Félix Tshisekedi est censé achever son second mandat à la fin de l'année 2028.
Une réforme dans un contexte de fortes tensions
Cette séquence politique intervient alors que la RDC traverse l'une des périodes les plus difficiles de son histoire récente.
À l'est du pays, les combats opposant les forces gouvernementales au mouvement rebelle M23 continuent de provoquer d'importants déplacements de populations, aggravant les crises humanitaire, alimentaire et sanitaire.
Le pays demeure également confronté à plusieurs défis de santé publique, notamment des épidémies récurrentes qui mobilisent les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux.
Dans ce contexte particulièrement tendu, la perspective d'une révision constitutionnelle apparaît déjà comme l'un des principaux sujets de fracture de la vie politique congolaise.
Entre les partisans d'une adaptation des institutions et ceux qui dénoncent une remise en cause des garde-fous démocratiques, le débat promet de s'intensifier à l'approche des prochaines échéances politiques.




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