En Afrique du Sud, Kemi Seba joue la carte du Niger pour échapper au Bénin

Le dossier Kémi Séba connaît un nouveau rebondissement en Afrique du Sud.
Alors que l’activiste panafricaniste est détenu depuis le 13 avril 2026, la justice sud-africaine n’a une nouvelle fois pas tranché la demande d’extradition formulée par le Bénin.
À l’issue de l’audience tenue mercredi 23 septembre à Pretoria, l’examen de cette requête a été renvoyé au 20 novembre prochain.
Une autre audience, consacrée cette fois à son dossier migratoire et à sa demande de libération sous caution, est prévue le 6 octobre.
La carte du passeport diplomatique nigérien
Dans cette bataille judiciaire, la défense de Kémi Séba entend désormais mettre en avant ses liens officiels avec le Niger.
En août 2024, l’activiste avait annoncé avoir reçu un passeport diplomatique nigérien et avoir été nommé conseiller spécial du chef de la junte, Abdourahamane Tiani.
L’existence de ce passeport a alors été rapportée par plusieurs médias, après que Kémi Séba eut lui-même publié des éléments du document.
Selon les informations rapportées après l’audience du 23 septembre, ses avocats cherchent à faire reconnaître ce statut auprès des autorités sud-africaines.
Ils attendent notamment un document de l’ambassade du Niger destiné à établir officiellement son statut diplomatique.
La défense entend ainsi examiner les éventuelles conséquences juridiques de cette qualité sur sa détention et sur la procédure d’extradition.
Une éventuelle immunité au cœur de la stratégie
Cette ligne de défense pourrait donc devenir un nouvel élément important du dossier.
Les avocats de Kémi Séba cherchent notamment à déterminer si son statut diplomatique nigérien peut avoir des conséquences sur les poursuites engagées contre lui en Afrique du Sud ou sur la procédure d’extradition réclamée par Cotonou.
À ce stade, aucune décision de la justice sud-africaine n’a toutefois reconnu une immunité diplomatique lui permettanttrait de mettre fin à sa détention ou de bloquer automatiquement la procédure.
Le statut invoqué par la défense remonte à 2024, lorsque Kémi Séba avait annoncé sa nomination comme conseiller spécial du chef de la junte nigérienne et l’obtention d’un passeport diplomatique.
Cette proximité avec Niamey est devenue depuis un élément central de son positionnement politique et pourrait désormais prendre une dimension judiciaire dans son bras de fer avec les autorités béninoises.
Cotonou maintient sa demande d’extradition
Face à cette stratégie, le Bénin maintient sa demande de retour de Kémi Séba sur son territoire.
Les autorités béninoises souhaitent qu’il puisse répondre devant la justice des faits qui lui sont reprochés, notamment des qualifications d’« apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et d’« incitation à la rébellion ».
Ces qualifications correspondent aux poursuites engagées par Cotonou et ne constituent pas, à ce stade, une déclaration de culpabilité.
La procédure d’extradition reste donc ouverte et doit encore franchir plusieurs étapes en Afrique du Sud.
Selon les informations rapportées après l’audience du 23 septembre, le parquet sud-africain a confirmé avoir reçu la demande béninoise, mais certaines étapes administratives nécessaires à la poursuite de la procédure restent à accomplir.
Le tribunal de Pretoria reprendra l’examen de cette question le 20 novembre.
Deux rendez-vous judiciaires à venir
D’ici là, Kémi Séba devra faire face à une autre échéance le 6 octobre, consacrée au volet migratoire de son dossier en Afrique du Sud.
La procédure d’extradition et celle concernant sa situation migratoire suivent donc désormais deux calendriers distincts.
Pour l’heure, aucune décision définitive n’a été rendue sur son éventuel transfert vers le Bénin.
En mettant en avant son passeport diplomatique nigérien, la défense ouvre ainsi un nouveau front juridique dans une affaire qui implique désormais directement les systèmes judiciaires du Bénin et de l’Afrique du Sud.
Ceci, avec le Niger appelé à intervenir sur la question du statut diplomatique de l’activiste.




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