Guinée: Toumba Diakité meurt en prison dans des conditions troubles
- Towanou Johannes
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Le Commandant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, est décédé ce mercredi 25 mars 2026 à l’hôpital militaire du Camp Samory Touré.
Condamné à dix ans de prison pour crimes contre l’humanité lors du massacre du 28 septembre 2009, Toumba avait tenté depuis sa cellule de briguer la présidentielle de décembre 2025, une initiative sans précédent dans l’histoire politique guinéenne.
Toumba avait été transféré de la maison centrale de Conakry vers la prison civile de Coyah après un incident tendu avec des échanges de tirs et quelques semaines plus tard son état de santé s’est brusquement aggravé, entraînant son hospitalisation d’urgence et sa mort à 4 h 35 le 25 mars 2026.
Selon l'administration pénitentiaire, le diagnostic médical a révélé une hernie de la ligne blanche étranglée, compliquée d’une péritonite aiguë généralisée.
Une série de décès en détention sous la transition
Le décès de Toumba Diakité s’inscrit dans un contexte plus large de morts de hauts gradés et militaires sous le régime de transition du Général Mamadi Doumbouya, souvent dans des conditions troubles.
Le Colonel Sadiba Koulibaly, ancien numéro 2 de la junte (CNRD) et ex-chef d’état-major général des armées, est décédé en juin 2024 en détention après une condamnation pour « désertion » et « détention illégale d’armes ».
Le Colonel Claude Pivi, officier influent et membre du CNDD, la junte de 2008-2010, est mort en janvier 2026 en détention, alors qu’il purgeait une peine à perpétuité pour les massacres de 2009.
A cela s'ajoutent plusieurs membres du groupement des forces spéciales, décédés lors de l’attaque de la maison centrale de Conakry le 4 novembre 2023, et élevés à titre posthume par Mamadi Doumbouya.
Ces décès, combinés à la disparition de Toumba, soulignent une série noire qui marque le traitement des hauts responsables militaires et des figures historiques en détention.
Une figure politique controversée
Toumba Diakité restera dans les mémoires comme un acteur central du procès du 28 septembre 2009 et comme l’un des rares détenus à avoir tenté de braver la justice pour se porter candidat à la présidentielle.
Sa mort, dans un contexte de tension et de transferts controversés, relance le débat sur la sécurité, la santé et le traitement des prisonniers de haute sécurité en Guinée.
La Guinée face à ses démons judiciaires
La disparition de Toumba Diakité rappelle que la transition militaire menée par Mamadi Doumbouya a été marquée par des morts en détention et des situations controversées.
Des éléments qui interrogent sur la transparence et le respect des droits fondamentaux des détenus.
Ces événements tragiques soulignent l’urgence d’une réforme du système pénitentiaire et judiciaire, ainsi que la nécessité de garantir la sécurité et la dignité de tous les prisonniers.




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