Lutte contre le terrorisme: le Bénin en première ligne de la riposte
- Towanou Johannes
- 22 hours ago
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La menace terroriste ne cesse de gagner du terrain en Afrique de l’Ouest.
Selon la 13e édition de l’index mondial sur le terrorisme publié par l’Institute for Economics and Peace, la région du Sahel concentre à elle seule la moitié des morts liées au terrorisme en 2025.
Autrefois considérés comme relativement stables, plusieurs pays côtiers sont désormais directement exposés.
Le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Ghana font face à une extension progressive de la menace, marquée par des incursions répétées de groupes armés dans leurs zones frontalières.
Une réponse régionale encore limitée
Face à cette situation préoccupante, la CEDEAO a annoncé la mise en place d’une force antiterroriste régionale de 2 000 soldats.
Une initiative importante, mais qui reste limitée au regard de l’ampleur du phénomène.
Les groupes armés terroristes continuent d’adapter leurs stratégies, multipliant les attaques et exploitant les failles sécuritaires dans plusieurs pays de la région.
Des choix stratégiques qui divisent
Dans cette lutte, les États d’Afrique de l’Ouest n’ont pas tous fait les mêmes choix.
Des pays comme le Mali, le Burkina Faso, le Niger et plus récemment le Togo se sont rapprochés de la Russie pour obtenir un appui militaire.
Cependant, ce partenariat suscite des interrogations. Sur les dix attaques terroristes les plus meurtrières enregistrées en 2025, six ont été commises dans des pays ayant conclu des accords sécuritaires avec le Kremlin, ce qui alimente le débat sur l’efficacité réelle de ce soutien.
Le pari du Bénin sur des partenaires ciblés
Le Bénin, pour sa part, a choisi une approche différente en misant sur des partenariats jugés plus fiables, notamment avec la France.
Cette coopération a été renforcée en 2026 dans un contexte de dégradation rapide de la situation sécuritaire dans la région.
Elle s’articule autour de plusieurs axes, notamment l’appui sécuritaire dans le nord du pays, les investissements économiques à travers des projets structurants et la présence d’entreprises françaises, ainsi que des initiatives culturelles liées à la valorisation du patrimoine béninois.
Une coopération militaire en pleine consolidation
Cette dynamique s’est traduite par une rencontre stratégique organisée le 19 mars à Cotonou entre les chefs d’état-major béninois et français.
Les échanges ont porté sur les menaces communes et les réponses à apporter.
Parmi les défis identifiés figurent l’infiltration terroriste, la criminalité transfrontalière organisée et les menaces hybrides en constante évolution.
Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer les synergies opérationnelles, d’évaluer les coopérations existantes et d’adapter les dispositifs sécuritaires face à la mutation rapide de la menace.
Des perspectives sécuritaires incertaines
Malgré les efforts engagés, les perspectives restent préoccupantes.
Les tendances actuelles montrent une consolidation de certains groupes armés dans des zones rurales, ainsi qu’une pression croissante vers les pays côtiers, dont le Bénin.
Si ces dynamiques se maintiennent, la région pourrait continuer à faire face à un niveau de violence élevé dans les années à venir.
Entre enjeux sécuritaires et choix d’alliances
Dans ce contexte, les choix de partenaires internationaux deviennent déterminants.
Les critiques visant certains soutiens extérieurs, notamment ceux liés à la Russie, mettent en avant des résultats jugés mitigés, entre échecs sécuritaires et promesses non tenues.
À l’inverse, d’autres coopérations apparaissent essentielles pour contenir une menace qui dépasse désormais les frontières nationales et nécessite une réponse coordonnée.
Le Bénin, en première ligne, s’impose aujourd’hui comme un acteur clé du front antiterroriste en Afrique de l’Ouest, misant sur des alliances stratégiques et une adaptation constante face à une menace en pleine mutation.




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