Terrorisme: voici le top 5 des pays les plus frappés selon...
- Towanou Johannes
- 1 day ago
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Le dernier rapport du Institute for Economics & Peace confirme une bascule historique : le centre de gravité du terrorisme mondial s’est désormais installé en Afrique de l’Ouest. Publié le 19 mars 2026, le Global Terrorism Index dresse un constat sans appel, avec une domination écrasante du Sahel dans les zones les plus meurtries de la planète.
Le Pakistan en tête, le Sahel sous pression maximale
Pour la première fois, le Pakistan arrive en tête du classement avec un score de 8,574, devant le Burkina Faso (8,324), longtemps considéré comme l’épicentre du terrorisme.
Mais derrière ce changement symbolique, la réalité reste implacable : le Sahel domine largement.
Le Niger (7,816), le Nigeria (7,792) et le Mali (7,586) complètent ce classement dramatique. À eux seuls, ces pays illustrent l’ampleur de la crise sécuritaire dans la région.
51 % des morts dans le monde : le Sahel devient l’épicentre
Le chiffre est glaçant : le Sahel concentre désormais 51 % des décès liés au terrorisme dans le monde.
Sur les 7 555 morts recensés en 2024, plus de la moitié ont été enregistrés dans cette bande sahélienne.
En à peine deux décennies, la région est passée de 1 % des décès mondiaux en 2007 à plus de la moitié aujourd’hui.
Une explosion qui traduit un effondrement progressif des équilibres sécuritaires et une incapacité persistante à contenir la menace.
Cinq pays sahéliens ( Burkina Faso, Niger, Mali, Nigeria et Cameroun ) figurent désormais parmi les plus touchés au monde, confirmant un basculement durable du terrorisme vers l’Afrique subsaharienne.
Une spirale de violence hors de contrôle
Au Burkina Faso, plus de 1 500 personnes ont été tuées en 2024, principalement sous les attaques du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda.
L’une des attaques les plus meurtrières a coûté la vie à plus de 110 soldats et 60 civils en une seule opération.
Le Niger enregistre la plus forte dégradation, avec une hausse de 94 % des décès.
Plus de 400 personnes ont été tuées en une année, dans des attaques visant aussi bien les villages que les positions militaires.
Au Mali, la violence reste endémique, avec plus de 600 morts et des attaques capables de frapper jusqu’au cœur de la capitale.
Des groupes armés de plus en plus puissants
Deux grandes organisations dominent aujourd’hui le terrain : les groupes affiliés à Al-Qaïda, notamment le JNIM, et ceux liés à l’État islamique.
Le JNIM, fort d’environ 6 000 combattants, ne se contente plus d’attaques ponctuelles.
Dans certaines zones, il agit comme une véritable autorité locale, administrant des territoires abandonnés par les États.
De leur côté, les branches de l’État islamique multiplient les offensives et rivalisent pour le contrôle des ressources, alimentant une violence encore plus intense.
Une menace qui s’étend vers les pays côtiers
Autre évolution majeure : l’expansion du terrorisme vers le sud.
Longtemps concentrée dans les zones sahéliennes, la menace atteint désormais les États côtiers.
Le débordement depuis les zones frontalières du Niger, du Mali et du Burkina Faso expose directement des pays jusqu’ici relativement épargnés.
Cette extension complique les stratégies sécuritaires et confirme que la crise sahélienne n’est plus localisée, mais régionale.
Des stratégies sécuritaires qui peinent à convaincre
Le rapport met également en lumière les limites des réponses actuelles.
Le retrait de certaines forces internationales, combiné à de nouveaux partenariats sécuritaires, n’a pas permis d’inverser la tendance.
Malgré les changements d’alliances et les discours de fermeté, les attaques se multiplient, les fronts s’élargissent et les groupes armés gagnent en capacité.
Parallèlement, ces organisations adaptent leurs méthodes : utilisation de drones, technologies de communication avancées, financement via des circuits informels ou des ressources naturelles.
Un basculement mondial durable
Ce classement 2026 du Global Terrorism Index consacre une réalité désormais incontestable : le Sahel est devenu l’épicentre mondial du terrorisme.
Au-delà des chiffres, c’est un signal d’alerte majeur. La crise ne se limite plus à une question militaire.
Elle s’enracine dans des fragilités profondes : gouvernance, pauvreté, tensions communautaires et absence de perspectives pour une jeunesse nombreuse.
Sans réponse globale à ces défis, la dynamique actuelle laisse présager une aggravation continue de la situation, avec des répercussions bien au-delà du Sahel.




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