Mali/corruption: la junte au pouvoir sommée de s’expliquer sur...
- sossouaurel8
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Au Mali, la gestion des marchés publics passés depuis l’arrivée des militaires au pouvoir fait désormais l’objet d’une demande d’examen approfondi.
Un collectif d’associations de lutte contre la corruption vient de saisir le Vérificateur général pour réclamer un audit de ces contrats.
L’acquisition du nouvel avion présidentiel, évaluée à 15,6 milliards de francs CFA, figure notamment parmi les dossiers qui suscitent des interrogations.
Le Vérificateur général saisi
Le Réseau des associations de lutte contre la corruption et la délinquance financière (RAMLCDF), qui revendique une centaine d’organisations membres, a officiellement saisi le Vérificateur général du Mali vendredi 4 septembre 2026.
Le collectif souhaite que les marchés publics conclus depuis le début de la Transition militaire soient passés au crible afin de vérifier les conditions dans lesquelles ils ont été attribués, exécutés et réglés.
Cette demande intervient six ans après le coup d’État du 18 août 2020 qui avait renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta.
Pour les organisations à l’origine de cette démarche, il est désormais nécessaire de faire la lumière sur la gestion des ressources publiques durant cette période et de vérifier si les procédures prévues ont effectivement été respectées.
Les marchés militaires particulièrement ciblés
Dans leur démarche, les associations portent une attention particulière aux contrats liés à la défense et à l’acquisition d’équipements militaires.
Elles estiment que certains de ces marchés doivent faire l’objet d’un contrôle approfondi, notamment lorsqu’ils ont été conclus selon des procédures dérogatoires.
Le réseau souhaite ainsi que soient examinées les conditions d’attribution des contrats, leur exécution ainsi que la traçabilité des paiements effectués sur les fonds publics.
La question est particulièrement sensible au Mali, où les dépenses liées à la défense occupent une place majeure dans les priorités budgétaires de l’État.
L’avion présidentiel au cœur des interrogations
Parmi les dossiers cités figure l’acquisition du nouvel avion de commandement de l’État malien.
Présenté officiellement à Bamako fin juillet 2026, l’appareil est un Boeing 737 modernisé acquis pour 15,6 milliards de francs CFA, soit environ 23,8 millions d’euros.
Cet appareil est destiné à remplacer l’ancien avion présidentiel, gravement endommagé lors de l’attaque du 17 septembre 2024 contre l’aéroport militaire de Bamako.
Les autorités maliennes ont expliqué que les dégâts subis par l’ancien aéronef, notamment au niveau de sa structure et de l’un de ses moteurs, rendaient sa remise en état économiquement irréalisable.
Mais au-delà du montant annoncé, les associations veulent surtout obtenir davantage de visibilité sur les conditions exactes de cette acquisition.
Des informations détaillées sur certaines étapes de l’opération et sur ses modalités financières n’ont pas été rendues publiques, ce qui alimente les interrogations du collectif.
« Toute la lumière » demandée
La démarche du RAMLCDF ne constitue pas, à ce stade, une accusation établissant l’existence d’une fraude dans l’achat de l’avion ou dans les autres marchés visés.
Les associations réclament précisément un contrôle permettant de déterminer si les procédures ont été respectées et si les ressources publiques ont été utilisées conformément aux règles.
Elles demandent donc au Vérificateur général de mener les vérifications nécessaires et de faire connaître les éventuelles irrégularités qui pourraient être constatées.
Après plusieurs années de Transition, le collectif veut ainsi que la gestion des marchés publics de la période militaire soit examinée avec le même niveau d’exigence que celle des régimes précédents.
Désormais, la question est entre les mains de l’institution chargée du contrôle de la gestion publique : le Vérificateur général acceptera-t-il de passer au peigne fin les marchés conclus depuis l’arrivée des militaires au pouvoir ?




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