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Mali : le JNIM frappe encore, jusqu'à 80 militaires tués à...

4 hours ago
3 min read

Le camp militaire de Dioura, dans le centre du Mali, a été la cible d’une attaque jihadiste particulièrement meurtrière jeudi 10 septembre 2026.


Revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, l’offensive aurait fait au moins 50 morts dans les rangs de l’armée malienne, auxquels s’ajoutent cinq paramilitaires russes d’Africa Corps.


Mais plusieurs sources avancent un bilan encore plus lourd, pouvant atteindre 80 militaires tués.


Le camp de Dioura lourdement frappé


L’attaque a visé la position des Forces armées maliennes (FAMa) à Dioura, dans la région de Mopti.


Dès le 10 septembre, l’état-major malien avait confirmé qu’une attaque de groupes armés terroristes avait été enregistrée dans le secteur et indiqué que ses forces avaient engagé une riposte.


De son côté, le JNIM a revendiqué l’opération et affirmé avoir pris le contrôle de la caserne.


Les informations recueillies dans les jours suivants montrent l’ampleur des combats.


Selon des sources sécuritaires et locales citées ce lundi, au moins 50 militaires maliens et cinq paramilitaires russes d’Africa Corps ont été tués.


Un officier présent sur le théâtre des opérations a lui-même confirmé que le bilan dépassait 50 morts, dont cinq membres d’Africa Corps.


Jusqu’à 80 militaires tués ?


Le bilan pourrait toutefois être beaucoup plus lourd. Une source sécuritaire basée à Mopti évoque plus de 60 soldats tués, auxquels s’ajouteraient une soixantaine de prisonniers.


Contacté, un élu local parle, lui, d’au moins 80 militaires tués et de nombreux prisonniers.


Ces chiffres plus élevés n’ont cependant pas été confirmés de manière indépendante.


Cette différence entre les bilans illustre la difficulté à établir rapidement le nombre exact de victimes dans une zone de combats.


Le chiffre de 50 militaires maliens et cinq paramilitaires russes constitue donc le bilan minimum rapporté par les sources sécuritaires, tandis que les estimations allant jusqu’à 80 morts restent à considérer avec prudence.


Le JNIM revendique et revient à la charge


Le groupe jihadiste a revendiqué l’attaque dès le jour même. Selon les informations rapportées, un élu local affirme que les combattants du JNIM auraient attaqué le camp avant d’y revenir le lendemain.


Cette même source affirme que l’armée n’aurait pas envoyé de renforts sur place.


L’armée malienne a ensuite annoncé des « opérations aéroterrestres » contre les assaillants.


Elle affirme avoir neutralisé plusieurs éléments terroristes à motocyclette qui tentaient de se dissimuler dans la végétation au sud-ouest de Dioura.


L’attaque intervient par ailleurs après plusieurs autres opérations meurtrières attribuées au JNIM dans différentes régions du Mali.


Le groupe jihadiste maintient ainsi une forte pression sur les forces maliennes et leurs alliés russes.


L’Africa Corps russe à nouveau sous les projecteurs


La présence de cinq membres d’Africa Corps parmi les victimes donne une dimension supplémentaire à cette attaque.


Depuis le rapprochement militaire entre Bamako et Moscou, les paramilitaires russes participent aux côtés des forces maliennes aux opérations contre les groupes armés.


Pour les autorités maliennes, ce partenariat avec la Russie constitue l’un des piliers de leur nouvelle stratégie sécuritaire après le départ des forces françaises et de la mission de l’ONU.


Mais les pertes enregistrées à Dioura alimentent inévitablement les interrogations sur l’efficacité de ce dispositif face à des groupes jihadistes capables de frapper des positions militaires importantes et partout dans le pays.


L’attaque survient d’ailleurs dans un contexte particulièrement difficile pour les forces maliennes.


Depuis plusieurs mois, le JNIM et ses alliés multiplient les offensives et les embuscades contre les FAMa et les éléments d’Africa Corps.


La situation sécuritaire s’est encore fortement dégradée depuis la fin avril 2026, avec une série d’attaques coordonnées contre des positions stratégiques et jusque dans les environs de Bamako.


Une nouvelle démonstration de force des jihadistes


Avec au minimum 55 morts parmi les militaires maliens et les paramilitaires russes, et un bilan qui pourrait atteindre 80 militaires maliens selon certaines sources locales, Dioura apparaît comme l’une des attaques les plus meurtrières subies récemment par l’armée malienne.


Au-delà du bilan humain, cette offensive pose une nouvelle fois la question de la capacité des autorités de Bamako à sécuriser leurs emprises militaires et à empêcher les groupes jihadistes de conserver leur capacité d’action.


La présence russe, largement présentée comme un renforcement majeur du dispositif militaire malien, n’empêche donc pas les jihadistes de continuer à infliger de lourdes pertes aux forces déployées sur le terrain.


À Dioura, le JNIM vient une nouvelle fois de démontrer que la guerre est loin d’être gagnée par Bamako.

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