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Niger: trois béninois arrêtés dans une vaste escroquerie à plus de...

1 hour ago
4 min read

Une affaire de cybercriminalité impliquant plusieurs ressortissants béninois vient d'être mise au jour au Niger.


Trois jeunes Béninois, âgés de 23 à 27 ans, ont été interpellés à Gaya, dans le cadre du démantèlement d'un réseau présumé d'escroquerie en ligne.


Leur méthode consistait notamment à usurper l'identité du Directeur général des Douanes nigériennes pour organiser de fausses ventes aux enchères sur Internet.


Selon la Direction de la Police judiciaire (DPJ), plus de 37 personnes auraient été victimes de leurs manœuvres, pour un préjudice financier provisoirement estimé à 7 millions de francs CFA.


Un quatrième membre présumé du réseau, qui résiderait au Bénin, est toujours recherché.


De fausses ventes aux enchères pour piéger les internautes


L'affaire a commencé à la suite de plusieurs plaintes déposées par des personnes victimes d'annonces frauduleuses diffusées sur les réseaux sociaux, notamment sur les plateformes du groupe Meta.


Les publications annonçaient de prétendues ventes aux enchères organisées par la Direction générale des Douanes du Niger.


Pour leur donner une apparence officielle, les auteurs utilisaient frauduleusement le sceau de l'État ainsi que le cachet et la signature du Directeur général des Douanes.


Les annonces comportaient des numéros de comptes Nita et Amana présentés comme des moyens de paiement pour participer aux opérations.


Une fois les internautes intéressés entrés en contact avec les auteurs, les échanges se poursuivaient exclusivement sur WhatsApp.


Les victimes étaient alors invitées à transmettre leurs pièces d'identité sous prétexte de procéder à leur enregistrement.


Ceci, avant d'être amenées à effectuer des dépôts d'argent sur des comptes spécialement utilisés pour ces opérations frauduleuses.


Trois suspects aux rôles bien répartis


Les investigations menées par la Division de lutte contre la cybercriminalité, avec le concours de la Direction départementale de la Police nationale de Gaya, ont permis d'interpeller trois ressortissants béninois présentés comme les principaux maillons locaux du dispositif.


Le premier suspect, âgé de 24 ans et étudiant, aurait été chargé de créer de faux comptes Nita et Amana à partir de numéros nigériens enregistrés sous des identités nigériennes.


Ces comptes permettaient de recevoir les fonds envoyés par les victimes.


Il transférait ensuite l'argent collecté vers le compte de son complice.


Le deuxième mis en cause, âgé de 27 ans et également étudiant, aurait assuré la réception des transferts avant de procéder aux retraits.


Quant au troisième suspect, âgé de 23 ans, il aurait récupéré les sommes retirées, prélevé les commissions destinées aux différents membres du réseau, puis transféré le reliquat au Bénin au profit d'un quatrième complice toujours recherché.


L'argent acheminé au Bénin et converti en cryptomonnaie


Les investigations ont également permis de mettre en évidence le circuit financier présumé du réseau.


Selon la Police judiciaire, les fonds collectés au Niger étaient acheminés vers le Bénin, notamment par l'intermédiaire de MTN Mobile Money Bénin.


Une partie des sommes pouvait également être convertie en cryptomonnaie.


Lors de leurs auditions, les trois personnes interpellées auraient reconnu les faits qui leur sont reprochés, selon les informations communiquées par la DPJ.


Elles auraient également déclaré agir en équipe avec leur quatrième complice, présenté comme résidant au Bénin.


Son identification et son interpellation constituent désormais un enjeu important pour les enquêteurs, qui cherchent à remonter l'ensemble du circuit financier.


Des numéros français pour d'autres opérations présumées


L'exploitation des téléphones portables saisis a permis aux enquêteurs de découvrir d'autres éléments susceptibles d'élargir le champ des investigations.


Dans le téléphone du troisième suspect, les policiers ont notamment retrouvé plusieurs adresses électroniques ainsi que des numéros de téléphone français.


Interrogé sur ces découvertes, le mis en cause aurait expliqué être en contact avec un autre ressortissant béninois avec lequel il procédait, au moyen d'une application, à la validation, à la création ou à l'achat de numéros de téléphone étrangers, notamment français, appelés numéros virtuels.


Ces numéros auraient servi à contacter d'autres victimes en se faisant passer pour des ressortissants européens.


Une pratique qui aurait permis aux membres du réseau présumé de multiplier les identités fictives et de donner davantage de crédibilité à leurs sollicitations.


Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour déterminer si ces manœuvres sont liées aux fausses ventes aux enchères ou si elles révèlent l'existence d'autres opérations frauduleuses.


Plus de 37 plaignants et 7 millions de FCFA de préjudice


Selon le bilan provisoire communiqué par la Direction de la Police judiciaire, le préjudice financier est estimé à 7 millions de francs CFA, au détriment de plus de 37 plaignants.


Ces chiffres pourraient évoluer au fur et à mesure des investigations et de l'identification d'éventuelles autres victimes.


Les trois suspects arrêtés devront répondre des faits qui leur sont reprochés dans le cadre de la procédure judiciaire.


Le quatrième membre présumé, qui se trouverait au Bénin, reste activement recherché.


Les enquêteurs entendent également préciser les responsabilités individuelles et déterminer l'étendue exacte des activités du réseau.


La police appelle à la vigilance


Face à cette affaire, la Police judiciaire nigérienne appelle les populations à redoubler de prudence devant les annonces de ventes aux enchères diffusées sur Internet.


Elle recommande de vérifier systématiquement leur authenticité auprès des administrations concernées avant tout paiement et déconseille fortement la transmission de documents personnels ou d'informations financières à des interlocuteurs dont l'identité n'a pas été formellement établie.


Cette affaire rappelle surtout que les escrocs peuvent désormais détourner les symboles de l'administration publique pour donner une apparence de légalité à leurs opérations.


Un sceau officiel, une signature ou un cachet reproduit sur une publication ne constituent nullement une garantie d'authenticité.


Les internautes sont donc invités à privilégier les canaux institutionnels pour toute démarche administrative ou financière.

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