Ousmane Sonko démonte Donald Trump et secoue l’ordre mondial
- Towanou Johannes
- 18 hours ago
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C’est dans un cadre de réflexion internationale, lors d’un panel consacré aux enjeux géopolitiques mondiaux, que le Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, a livré une intervention remarquée.
Aux côtés d’experts et d’analystes, dont le géopolitologue Pascal Boniface, il a développé une lecture critique de l’ordre mondial, dans un ton plus libre que celui des discours diplomatiques classiques.
C’est dans ce contexte intellectuel, propice aux analyses franches et sans filtre, que Sonko a pris pour cible le président américain Donald Trump.
Une charge frontale contre la politique américaine
Le Premier ministre sénégalais a livré une sortie d’une rare intensité contre Donald Trump.
Dans une analyse sans concession de la situation mondiale, il a remis en cause non seulement le leadership des États-Unis, mais aussi la pertinence de certaines ambitions affichées par Washington sur la scène internationale.
Dès l’entame, Sonko plante le décor en évoquant une interrogation prêtée à Donald Trump sur son mérite éventuel pour le prix Nobel de la paix, avant de balayer la question pour la remplacer par une autre, qu’il juge bien plus essentielle.
Le monde est-il plus sûr ?
Pour le chef du gouvernement sénégalais, le véritable débat ne se situe pas dans les distinctions honorifiques, mais dans les résultats concrets sur le terrain international.
« La seule question qui vaille est de se demander : est-ce que depuis un an qu’il est au pouvoir à la tête de la superpuissance que sont les États-Unis, le monde est plus sûr, plus stable, est-ce que le monde est en paix ? »
Une interrogation lourde de sens, qui sert de point de départ à une critique plus large de l’impact de la politique américaine sur l’équilibre global.
Une responsabilité pointée du doigt
Allant plus loin, Ousmane Sonko n’hésite pas à évoquer la responsabilité directe du leadership américain dans les tensions actuelles.
« Et si la réponse est négative, quelle est sa responsabilité exclusive par rapport à cette déstabilisation du monde qui apparemment est devenu dangereux pour tout le monde, y compris pour lui-même ? »
Par ces mots, il suggère que la puissance américaine, loin d’apaiser les crises, contribuerait à les amplifier.
Rejet de l’ingérence et des modèles imposés
Le Premier ministre sénégalais a également dénoncé les pratiques d’ingérence et les tentatives d’imposition de modèles politiques venus de l’extérieur.
« Imposer la démocratie… les logiques internes et nationales ne s’imposent pas de l’extérieur. »
« Enlever des présidents en fonction, les exfiltrer et les soumettre à votre justice ne relève pas de la démocratie. »
Une position claire, qui s’inscrit dans une critique récurrente de l’interventionnisme occidental, accusé de fragiliser les États plutôt que de les renforcer.
Un réquisitoire contre les guerres occidentales
Dans une séquence particulièrement marquante, Ousmane Sonko dresse un bilan sévère des interventions militaires menées par les États-Unis et leurs alliés ces dernières décennies.
« Quelle guerre a été gagnée ? Aucune. »
Il cite successivement plusieurs conflits majeurs :
« Ils n’ont pas gagné la guerre du Vietnam… ni en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie… même en Somalie où ils ont été obligés de se retirer. »
Selon lui, ces interventions n’ont laissé derrière elles que désordre et instabilité, sans atteindre les objectifs initialement fixés.
« À part semer le chaos et le désordre… aucune de ces guerres n’a été gagnée. »
L’exemple iranien pour illustrer l’échec
Le cas de l’Iran est également mis en avant pour illustrer, selon Sonko, l’inefficacité des stratégies occidentales.
« Quel objectif était assigné pour la guerre en Iran ? Remplacer un régime. Cela n’a pas été fait. »
« Réduire les capacités balistiques… imposer l’abandon du programme nucléaire… aucun de ces objectifs n’a été atteint. »
Pour lui, ces échecs répétés démontrent les limites d’une approche basée sur la pression et la confrontation.
Une conclusion sans appel
La sortie du Premier ministre sénégalais se termine par une déclaration particulièrement tranchée, qui résume l’ensemble de son analyse.
« Monsieur Trump n’est pas un homme de paix, c’est un homme de déstabilisation du monde. »
Par cette prise de position, Ousmane Sonko s’impose une nouvelle fois comme une voix critique du système international actuel.
De quoi relancer le débat sur le rôle des grandes puissances et sur les voies possibles pour une stabilité durable dans le monde.




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