Ousmane Sonko tacle : "tout le monde sait que c'est une combine"
- Towanou Johannes
- 2 days ago
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La déclaration du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko, devant les députés, continue de provoquer un séisme politique.
En affirmant sans détour : « Tout le monde sait que ce qui s’est passé en Guinée-Bissau est une combine. Le processus électoral doit aboutir », Sonko a brisé un silence diplomatique que beaucoup jugeaient pesant.
Ce propos frontal, qui tranche avec la prudence régionale habituelle, place de nouveau Dakar au cœur de la crise bissau-guinéenne.
Une mise en cause qui dépasse Bissau
L’intervention est devenue encore plus retentissante lorsqu’il a poursuivi :
« Nous appelons à la libération de Domingos Pereira et la poursuite du processus électoral et que les résultats des élections soient dévoilés ».
En appelant nominalement à la libération du leader du PAIGC, arrêté après le coup de force militaire qui a renversé le président sortant Umaro Sissoco Embaló, Sonko s’aligne ouvertement sur les forces contestant la transition imposée à Bissau.
Un message politique aux allures de critique interne
Mais cette sortie n’est pas seulement un coup de tonnerre régional : elle résonne aussi à l’intérieur du Sénégal.
Car le président renversé Umaro Sissoco Embaló a trouvé refuge… à Dakar. Un accueil décidé par le président Bassirou Diomaye Faye lui-même.
En dénonçant ce qu’il qualifie de « combine » et en exigeant la poursuite du processus électoral bissau-guinéen, Ousmane Sonko apparaît, pour certains observateurs, comme prenant ses distances avec la position adoptée par son propre chef de l’État.
Une lecture qui alimente l’idée d’une divergence de sensibilité au sommet de l’exécutif sénégalais sur la gestion des crises régionales.
Un repositionnement stratégique du Sénégal
Cette posture de Sonko, fondée sur un discours de fermeté démocratique, renvoie directement à l’image que le Sénégal veut afficher depuis l’alternance de mars 2024.
Un pays refusant de cautionner, même tacitement, des transitions contestées ou des ruptures institutionnelles ambiguës.
En parlant de « combine », le Premier ministre semble vouloir réaffirmer une ligne de principe : soutien aux urnes, rejet de toute recomposition politique par la force.
Une sortie qui redéfinit les lignes du jeu diplomatique
Ce commentaire, bien plus qu’une simple réaction, redessine les rapports entre Dakar, Bissau et les militaires qui dirigent désormais la transition bissau-guinéenne.
Il envoie aussi un signal clair : le Sénégal ne veut pas être associé, de près ou de loin, à ce qu’il considère comme une confiscation de la volonté populaire.
Mais il ouvre également une fenêtre sur les subtilités internes du pouvoir sénégalais, entre gestion diplomatique mesurée du président Diomaye Faye et positionnement politique plus frontal du Premier ministre Sonko.
Si l’intention première était de demander « la libération de Domingos Pereira » et « la poursuite du processus électoral », le résultat, lui, est plus vaste.
La parole de Sonko a déclenché un débat national, ravivé la tension régionale et rappelé que le Sénégal joue désormais un rôle central, mais parfois dérangeant, dans la recomposition politique de l’Afrique de l’Ouest.









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