Un archevêque catholique poursuivi dans une affaire illégale

En Zambie, l’archevêque catholique de Lusaka, Alick Banda, est au cœur d’une procédure judiciaire portant sur un véhicule appartenant à la Zambia Revenue Authority (ZRA).
Convoqué par la Drug Enforcement Commission (DEC), l’autorité chargée notamment des enquêtes financières et liées aux biens d’origine suspecte, le prélat a été entendu le lundi 28 septembre 2026.
Il a ensuite été formellement arrêté et inculpé pour possession d’un bien raisonnablement soupçonné d’avoir été obtenu illégalement.
Un Toyota Hilux au cœur du dossier
L’affaire concerne un Toyota Hilux bleu, immatriculé ALF 7734, que les enquêteurs soupçonnent d’avoir été obtenu de manière irrégulière auprès de la Zambia Revenue Authority.
Selon la DEC, Alick Banda aurait été en possession de ce véhicule entre le 22 avril 2021 et le 27 décembre 2023.
Les faits sont examinés au regard de l’article 319 du Code pénal zambien.
Une affaire qui remonte à plusieurs années
Le dossier ne date toutefois pas de la récente convocation de l’archevêque.
En janvier 2026, la DEC l’avait déjà entendu dans le cadre de cette enquête et lui avait adressé un avertissement formel, alors qu’il avait choisi de ne pas répondre aux questions portant sur l’origine du véhicule.
L’affaire avait déjà été évoquée devant la justice dans le cadre d’une enquête plus large sur la gestion de véhicules de la ZRA.
Une enquête sur une vingtaine de véhicules
Le Toyota Hilux se trouve au centre d’une enquête plus vaste portant sur environ 22 véhicules de la Zambia Revenue Authority, dont la cession aurait été effectuée en violation des procédures.
En septembre 2024, un témoin avait notamment déclaré devant un tribunal de Lusaka que certains véhicules avaient été remis à des bénéficiaires sans avoir été proposés dans le cadre de la procédure prévue.
Le dossier a déjà conduit à des poursuites et à des condamnations concernant d’anciens responsables de la ZRA.
L’archevêque plaide non coupable
Après son arrestation, Alick Banda a comparu devant le tribunal de Lusaka et a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés.
La magistrate Mwandu Nakazwe lui a accordé une caution de 80 000 kwacha zambiens, avec trois garants devant chacun fournir une garantie de 50 000 kwacha.
Le tribunal a également ordonné la remise de ses documents de voyage, dans l’attente de la suite de la procédure.
Libéré après une nuit en détention
L’archevêque a finalement été libéré le mardi 29 septembre après que les conditions de sa mise en liberté ont été remplies.
Il avait passé une nuit dans la prison centrale de Lusaka, les formalités liées à sa caution n’ayant pas pu être achevées immédiatement après son passage devant le tribunal.
La procédure judiciaire se poursuit désormais, tandis que les enquêteurs continuent d’examiner les conditions dans lesquelles le véhicule a été attribué et détenu.
Une figure critique du pouvoir
Cette procédure intervient dans un contexte politique sensible, Alick Banda étant régulièrement présenté dans la presse zambienne comme une voix critique à l’égard du pouvoir.
Des soutiens de l’archevêque et des acteurs de l’opposition ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une procédure à caractère politique, tandis que les autorités soutiennent que l’enquête porte sur la possession présumée d’un bien obtenu illégalement.
La DEC affirme de son côté que ses investigations relèvent de son mandat légal et appelle à laisser la procédure judiciaire suivre son cours.




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