Cybercriminalité : gros coup de filet des autorités ; plus de 1000 arrestations
- Towanou Johannes
- Nov 27, 2024
- 3 min read

Une opération d’envergure menée par Interpol et Afripol entre septembre et octobre 2024 a frappé un grand coup contre la cybercriminalité en Afrique. Sous le nom de code « Serengeti », cette campagne continentale a permis de démanteler des réseaux sophistiqués, avec plus de 1 000 arrestations et la neutralisation de 134 000 infrastructures numériques criminelles à travers 19 pays.
Une mobilisation sans précédent
Le 26 novembre 2024, Interpol a dévoilé les détails de cette opération historique.
Pendant deux mois, des forces de l’ordre locales et internationales, appuyées par des acteurs privés, ont traqué des réseaux impliqués dans des escroqueries financières, des rançongiciels, et des systèmes frauduleux transfrontaliers.
Les résultats sont spectaculaires : plus de 1 000 cybercriminels appréhendés et 134 000 infrastructures numériques illégales démantelées.
Parmi les cibles figuraient des groupes opérant à grande échelle, menaçant des milliers de particuliers et d’entreprises en Afrique et en Europe.
Fraudes démantelées : des exemples marquants
Sénégal : 6 millions de dollars escroqués
Un système de Ponzi à grande échelle a été démantelé au Sénégal, où huit individus ont été arrêtés.
Ce réseau promettait des rendements faramineux pour attirer des investisseurs, réussissant à tromper plus de 1 800 victimes.
Le montant total des pertes s’élève à 6 millions de dollars, laissant de nombreuses familles financièrement ruinées.
L’enquête a mis en lumière des schémas sophistiqués de collecte et de redistribution des fonds, rendant difficile leur traçabilité.
Cameroun : le piège des fausses opportunités
Au Cameroun, les autorités ont mis un terme à une fraude pyramidale déguisée en programme de formation.
Les victimes étaient attirées par des promesses d’emplois lucratifs ou de formations exclusives moyennant des cotisations.
Une fois sur place, elles étaient retenues contre leur gré et contraintes de recruter d’autres personnes.
Ce stratagème, particulièrement pervers, exploitait la vulnérabilité de chômeurs et de jeunes en quête d’opportunités.
Angola : un casino frauduleux dans le viseur
Un casino virtuel basé à Luanda ciblait des joueurs nigérians et brésiliens avec des plateformes truquées.
Les responsables utilisaient des algorithmes manipulateurs pour maximiser leurs profits, exploitant la dépendance au jeu et l’illusion de gains rapides.
L’enquête a révélé que ce réseau générait des millions de dollars chaque mois grâce à ces pratiques frauduleuses.
Kenya : un coup dur contre la fraude bancaire
Au Kenya, une affaire de fraude à la carte bancaire a été résolue grâce à l’opération « Serengeti ».
Le réseau impliqué utilisait des techniques avancées pour pirater des données sensibles et voler de l’argent directement sur des comptes en ligne.
Cette intervention a permis de sécuriser les transactions numériques dans une région où ces délits sont en forte croissance.
Une coopération internationale saluée
L’opération « Serengeti » a également permis d’identifier plus de 35 000 victimes grâce à l’appui des fournisseurs d’accès à Internet, qui ont partagé des données cruciales sur les infrastructures criminelles.
Cette collaboration a été essentielle pour cartographier les réseaux et démanteler leurs bases opérationnelles.
« La lutte contre la cybercriminalité ne peut se faire qu’à travers une mobilisation collective », a souligné un porte-parole d’Interpol.
« Serengeti démontre que des partenariats solides entre les forces de l’ordre, les acteurs privés et les institutions internationales peuvent porter des résultats significatifs. »









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