Côte d'Ivoire/enlèvement d'Adama Bictogo: voici toute la vérité
- Towanou Johannes
- 7 hours ago
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Une rumeur spectaculaire annonçant l’enlèvement d’Adama Bictogo a enflammé les réseaux sociaux dans la soirée du mardi 10 février 2026. Mais entre communiqué alarmant, démentis formels et contexte judiciaire sensible autour du groupe SNEDAÏ, les faits apparaissent plus complexes qu’il n’y paraît.
Une rumeur née d’un communiqué viral
L’information a été diffusée en ligne par un internaute identifié sous le nom de Moussa Sanou, qui relayait un texte présenté comme un communiqué signé de Maître Kouamé Fulgence, avocat de l’ancien président de l’Assemblée nationale.
Le document affirme notamment :
« Nous, Kouamé Fulgence, avocat de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Son Excellence Adama Bictogo, venons par la présente porter à la connaissance de l’opinion publique que notre client a été enlevé hier soir par des individus armés et encagoulés. »
Selon ce texte, les faits se seraient produits vers 20 heures au domicile de l’homme politique ivoirien :
« Des individus armés et encagoulés ont fait irruption dans la résidence, neutralisé les gardes de sécurité et emmené notre client sans aucune explication. »
Le communiqué évoque également une fouille des lieux après l’intervention :
« Les mêmes individus armés et encagoulés ont procédé à une perquisition de la maison, emportant avec eux des biens de valeur, notamment des documents importants, des bijoux et des sommes d’argent. »
Ces affirmations ont rapidement suscité inquiétude et interrogations dans l’opinion.
Démenti catégorique de l’entourage
Contacté pour vérification, l’entourage d’Adama Bictogo a formellement rejeté ces allégations.
Alain Toussaint, proche collaborateur de l’ancien président de l’Assemblée nationale, a été sans ambiguïté : l’information serait « une fake news ».
Une autre source proche du dossier a également démenti toute intervention d’individus encagoulés au domicile de l’homme politique.
Selon ses collaborateurs, Adama Bictogo poursuit normalement ses activités publiques.
L’actuel maire de Yopougon préparerait activement la première réunion du Conseil municipal prévue le vendredi 13 février avec ses adjoints et conseillers municipaux, un élément présenté comme incompatible avec le scénario relayé en ligne.
Un contexte sensible autour du groupe SNEDAÏ
La circulation de cette rumeur intervient dans un climat particulier. Le groupe SNEDAÏ, fondé par Adama Bictogo, est actuellement secoué par une affaire de détournement de fonds qui connaît un nouveau rebondissement.
Depuis l’étranger, N’Da Kouamé, ancien directeur administratif et financier et principal accusé dans ce dossier, a récemment pris la parole pour contester sa responsabilité exclusive.
Dans une déclaration accordée à Financial Afrik, il affirme :
« Le cœur du problème est là. Ce problème n’est pas celui d’un homme, mais celui d’une gouvernance. Et lorsqu’une gouvernance est familiale, elle a souvent deux réflexes : verrouiller et désigner un visage coupable. Je refuse d’être ce nom brandi pour éviter de remonter la chaîne de responsabilité. »
L’ancien cadre du groupe affirme également vouloir bénéficier d’un cadre judiciaire équitable :
« Qu’on me laisse répondre dans un cadre équitable et contradictoire. »
Une affaire entre rumeur et réalité
À ce stade, aucun élément officiel ne confirme l’enlèvement évoqué dans le communiqué relayé sur les réseaux sociaux.
Les démentis émanant de l’entourage d’Adama Bictogo contrastent fortement avec la version alarmante diffusée en ligne, installant une zone d’incertitude qui alimente les spéculations.
L’attention reste désormais tournée vers d’éventuelles clarifications officielles susceptibles d’établir définitivement les faits.





