le Botswana accuse la Russie de piéger ses citoyens pour le front

Le Botswana hausse le ton face à ce qu'il considère comme une multiplication inquiétante de recrutements trompeurs de ses ressortissants pour la guerre en Ukraine.
Dans un communiqué publié le 18 juillet 2026, le gouvernement botswanais affirme que de plus en plus de ses citoyens sont attirés en Russie par de fausses promesses avant d'être envoyés combattre sous uniforme russe.
Des recrutements fondés sur la tromperie
Selon le ministère botswanais des Relations internationales, les personnes concernées ne partent pas avec l'intention de participer à un conflit armé.
Elles seraient séduites par des offres d'emploi ou des opportunités professionnelles avant de découvrir, une fois arrivées en Russie, qu'elles sont destinées au front.
« Des rapports récents indiquent que le nombre de Botswanais entraînés par tromperie dans ce type d'arrangements augmente à un rythme alarmant », souligne le communiqué officiel.
Les autorités ajoutent que ces ressortissants sont ensuite « contraints de participer à des combats actifs », une situation qui suscite une vive inquiétude à Gaborone.
Des appels de détresse venus du front
Le gouvernement affirme être régulièrement contacté par des citoyens déjà déployés sur les lignes de combat.
« Le ministère continue de recevoir des appels déchirants de Botswanais se trouvant déjà sur la ligne de front, décrivant les conditions périlleuses auxquelles ils sont confrontés », précise le communiqué.
Ces témoignages ont conduit les autorités à renouveler leur appel à la prudence, exhortant les citoyens à se méfier des offres d'emploi douteuses proposant des départs vers la Russie.
Une mobilisation qui gagne plusieurs pays africains
Le Botswana n'est plus un cas isolé. Plusieurs États africains ont récemment dénoncé des situations similaires et renforcé leurs démarches diplomatiques pour protéger leurs ressortissants.
Au Ghana, les autorités ont révélé, à l'issue d'une visite officielle à Kiev, que 272 Ghanéens avaient été recensés sur le front ukrainien, dont 55 sont morts et deux ont été faits prisonniers de guerre.
Accra s'est engagé à démanteler les réseaux de recrutement impliqués dans ces départs.
Le Kenya a, de son côté, officiellement demandé à la Russie de mettre fin au recrutement de citoyens kényans.
Cette démarche est intervenue après la présentation d'un rapport des services de renseignement faisant état de plus de 1 000 Kényans attirés par de fausses offres d'emploi avant d'être intégrés à des forces combattantes.
En Afrique du Sud, les autorités ont également pris le dossier en main. Le président sud-africain a abordé la question directement avec le président russe, Vladimir Putin, afin d'obtenir le rapatriement de plusieurs ressortissants sud-africains impliqués dans le conflit.
Une guerre qui continue de faire des victimes
Selon le collectif All Eyes on Wagner, spécialisé dans le suivi des activités russes en Afrique, plus de 1 400 Africains auraient été recrutés entre janvier 2023 et septembre 2025 pour participer au conflit en Ukraine.
Le collectif estime qu'environ 300 d'entre eux ont perdu la vie, illustrant le coût humain de ces recrutements dénoncés par un nombre croissant de gouvernements africains.
Déclenchée en février 2022 après l'invasion de l'Ukraine par la Russie sur ordre de Vladimir Poutine, la guerre est entrée dans sa cinquième année.
Ce qui devait être, selon Moscou, une opération rapide s'est transformé en un conflit prolongé aux conséquences humaines considérables.
Au-delà des pertes enregistrées en Russie et en Ukraine, la guerre continue désormais d'avoir des répercussions jusque sur le continent africain, où plusieurs États redoublent d'efforts pour empêcher leurs ressortissants d'être entraînés dans un conflit qui n'est pas le leur.
Par Aurel Sossou




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