Sénégal: un réseau de traite humaine mêlant le Bénin mis à nu
- Towanou Johannes
- 1 day ago
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La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) du Sénégal a mis au jour un vaste réseau criminel transnational.
Ce dernier est spécialisé dans la traite des personnes et l’exploitation sexuelle de jeunes filles, principalement originaires du Nigeria.
L’opération menée à Baytilaye et dans la région de Kédougou a conduit à l’interpellation d’une ressortissante nigériane déférée devant le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Kédougou.
Elle est poursuivie pour association de malfaiteurs, traite de personnes et exploitation sexuelle.
Une victime achetée et exploitée
Selon les éléments de l’enquête, une jeune fille aurait été “acquise” au Nigeria pour 200 000 FCFA, auprès d’un complice, et convoyée illégalement au Sénégal dans le but d’être exploitée sexuellement.
À son arrivée, elle a été contrainte à se prostituer dans un système de servitude pour dette, où elle devait rembourser une somme de 500 000 FCFA estimée comme « frais de voyage » avant de recouvrer sa liberté.
Réseau organisé avec complicités régionales
L’audition de la principale suspecte a permis de révéler que ce réseau criminel structuré n’opérait pas seulement au Sénégal, mais entre le Nigeria, le Bénin, le Mali et le Sénégal.
Les complices identifiés à Cotonou au Bénin et au Mali ont fourni des faux documents administratifs.
Ils auraient notamment fourni des cartes d’identité et des carnets de vaccination, pour faciliter le transit des victimes à travers les frontières jusqu’à la région aurifère de Kédougou.
Ce démantèlement s’inscrit dans un contexte plus large d’exploitation sexuelle et de traite des êtres humains dans la région sud-est du Sénégal, en particulier autour des zones aurifères.
Une étude récente a montré que la prévalence de la traite des personnes à des fins d’exploitation sexuelle dans ces zones est passée de 20 % à 51 % en trois ans parmi les jeunes femmes actives dans le « commerce du sexe ».
Victimes secourues et prise en charge
Outre cette affaire spécifique, d’autres opérations antérieures avaient déjà permis de secourir plusieurs jeunes Nigérianes exploitées sexuellement, certaines confiées à des ONG locales pour assistance sociale, psychologique et relogement.
Les autorités sénégalaises affirment que les investigations se poursuivent pour identifier et interpeller l’ensemble des complices toujours en fuite, afin de démanteler complètement le réseau.
Elles rappellent aussi que la lutte contre la traite des êtres humains nécessite une coopération transfrontalière renforcée, une meilleure protection des victimes et une sensibilisation accrue des populations.









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