"Tyran de l'année 2025", Samia Suluhu devance Donald Trump et...
- Towanou Johannes
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La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été élue “Tyran de l’année 2025” par l’ONG britannique Index on Censorship, lors d’un vote public international.
Cette distinction symbolique place la dirigeante tanzanienne devant des figures mondiales controversées telles que Donald Trump, Benjamin Netanyahu ou Vladimir Poutine.
Ce classement, qui attire l’attention sur les atteintes à la liberté d’expression et les violations des droits civiques, met en lumière le durcissement de la gouvernance en Tanzanie au cours des derniers mois.
Une distinction symbolique mais révélatrice
Être nommé « Tyran de l’année » n’est pas une récompense officielle, mais une alerte médiatique et politique.
L’ONG britannique Index on Censorship utilise cette campagne pour dénoncer les dirigeants qui, selon les votants, ont le plus porté atteinte aux libertés fondamentales au cours de l’année.
Cette reconnaissance symbolique attire l’attention internationale et met en lumière les pratiques autoritaires qui pourraient autrement passer sous silence.
Pour la Tanzanie, il s’agit d’un signal fort qui questionne la trajectoire politique du pays et son respect des droits humains.
Samia Suluhu Hassan : d’un espoir démocratique à un pouvoir répressif
À son arrivée au pouvoir, Samia Suluhu Hassan incarnait un vent de renouveau.
Elle avait succédé à un régime perçu comme autoritaire, et beaucoup voyaient en elle une dirigeante capable d’apaiser le climat politique et de restaurer la confiance dans les institutions.
Mais l’image positive s’est rapidement ternie. Les élections générales de 2025 ont été marquées par des arrestations de leaders de l’opposition, des restrictions sur les médias indépendants et des mesures d’intimidation qui ont touché activistes et citoyens critiques.
Cette montée en puissance d’un contrôle étroit sur la société civile et la presse explique en grande partie pourquoi elle a remporté cette distinction symbolique.
Les autres dirigeants du classement et leurs faits marquants
Le classement d’Index on Censorship comprend dix dirigeants reconnus pour leurs atteintes aux libertés en 2025.
Donald Trump (États-Unis) a été critiqué pour sa rhétorique agressive envers la presse, ses actions contre les manifestants et l’usage de la force policière lors de protestations, contribuant à un climat de polarisation et de restriction des libertés civiques.
Benjamin Netanyahu (Israël) a poursuivi sa politique de contrôle des institutions judiciaires et des médias, limitant la capacité des citoyens à critiquer le gouvernement et renforçant la concentration du pouvoir exécutif.
Vladimir Poutine (Russie) continue de réprimer l’opposition, de censurer les médias et d’éliminer les voix critiques, consolidant un régime autoritaire strict et durable.
Recep Tayyip Erdoğan (Turquie) a intensifié ses mesures contre l’opposition politique et les journalistes indépendants, avec des arrestations massives et des restrictions sur la liberté d’expression qui ont marqué l’année 2025.
Narendra Modi (Inde) a poursuivi des politiques de censure en ligne et de surveillance, limitant la liberté des médias et la diffusion de critiques envers le gouvernement.
Ayatollah Ali Khamenei (Iran) a maintenu une répression sévère contre les journalistes, avocats et militants civiques, restreignant fortement les droits fondamentaux et la liberté d’expression.
John Lee (Hong Kong) a supervisé une année marquée par des détentions politiques et des restrictions sévères sur les libertés civiles, accentuant l’emprise de l’exécutif sur la ville.
Nayib Bukele (El Salvador) s’est distingué par une politique de sécurité répressive et un emprisonnement massif de citoyens considérés comme une menace pour le gouvernement.
Mullah Hibatullah Akhundzada (Afghanistan) a imposé des restrictions strictes sur les libertés individuelles, en particulier pour les femmes et les minorités, consolidant un contrôle autoritaire du pays.
Ce classement démontre que les atteintes aux libertés fondamentales ne concernent pas uniquement des régimes connus pour leur autoritarisme, mais aussi des dirigeants perçus comme modérés, mettant en lumière la fragilité de la démocratie dans différents contextes.
Une image internationale fragilisée
Pour la Tanzanie, cette distinction constitue un signal d’alarme sur la scène internationale.
Longtemps perçue comme un pays stable et attractif en Afrique de l’Est, la nation voit aujourd’hui son image sérieusement ternie.
Les partenaires internationaux et les observateurs étrangers pourraient désormais percevoir le pays comme une démocratie fragile, gouvernée par un pouvoir de plus en plus autoritaire.
Même si la distinction est symbolique, elle renforce la perception négative du régime et attire l’attention sur la nécessité de réformes pour protéger les libertés publiques.
Un avertissement pour la démocratie mondiale
Le classement 2025 de Index on Censorship rappelle que la liberté d’expression et les droits civiques restent fragiles même dans des pays qui semblaient stables.
Il souligne que la tentation autoritaire peut s’installer partout, avec des conséquences profondes sur la démocratie, la justice et le respect des droits humains.
Le fait que des dirigeants de puissances mondiales comme Trump, Netanyahu ou Poutine figurent aux côtés de dirigeants moins connus illustre l’universalité de ce défi.









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